Le déficit de l'Etat se creuse en avril, pour des raisons "exceptionnelles" selon Bercy

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Le déficit du budget de l'Etat s'est creusé fin avril, à 61,4 milliards d'euros contre 56,2 milliards un an plus tôt, mais cette dégradation est liée à des raisons "exceptionnelles" et les recettes fiscales sont en nette amélioration, a annoncé mercredi Bercy.

Fin mars, le déficit budgétaire s'était établi à 33,6 milliards.

"Les premiers mois de l'année, la comparaison avec l'exercice précédent reste encore peu significative et marquée par des événements exceptionnels", affirme, comme les mois précédents, le ministère du Budget dans un communiqué.

Bercy explique l'évolution par une dégradation du solde des comptes spéciaux (avances et opérations financières) de 14,6 milliards, liée aux décaissements du prêt à la Grèce et à des avances anticipées aux collectivités locales dans le cadre de la réforme de la taxe professionnelle, une mesure qui n'aura pas de répercussions budgétaires sur l'ensemble de l'année.

Dans le même temps, le solde du budget général continue, lui, de s'améliorer, de 9,4 milliards d'euros fin avril.

Le ministère assure que les recettes et les dépenses sont en ligne avec ses prévisions. Le gouvernement table sur un déficit de l'Etat de 91,6 milliards en fin d'année, en nette baisse par rapport à 2010.

Cela doit lui permettre de ramener le déficit public global (Etat, collectivités locales et Sécurité sociale) de 7,1% du produit intérieur brut l'an dernier à 5,7% fin 2011.

Dans le détail, les dépenses totales ont atteint au 30 avril 128,2 milliards contre 130,6 milliards un an plus tôt. Cette baisse s'explique avant tout par le surcoût transitoire qu'avait entraîné, il y a un an, la réforme de la taxe professionnelle, selon le ministère du Budget.

De leur côté, les recettes du budget général (nettes des remboursements et dégrèvements) s'établissent à 88,6 milliards contre 81,6 milliards fin avril 2010. Les recettes fiscales nettes poursuivent leur forte progression, de 9,4 milliards fin avril, d'une année sur l'autre.

L'impôt sur les sociétés, dont le produit s'était effondré en même temps que l'activité pendant la récession, voit ses recettes rebondir de près de 70% d'une année sur l'autre. La TVA remonte aussi de plus de 6%.

Le ministère fait aussi valoir que les recettes non fiscales enregistrent en avril "le versement, par les constructeurs automobiles, des intérêts (155 millions d'euros) liés au remboursement du solde du prêt qui leur avait été accordé en 2009 par l'Etat".