L'Opep se réunit à Vienne pour discuter d'une possible hausse de ses quotas

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Les ministres de l'Opep se réunissent mercredi à Vienne pour discuter d'un possible relèvement de leurs quotas de production, laissés inchangés depuis deux ans et demi.

Les quotas de production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui regroupe 12 pays et pompe 40% du pétrole mondial, sont fixés à 24,84 millions de barils par jour (mbj) depuis janvier 2009.

Le comité ministériel de l'Opep, qui réunit traditionnellement une poignée de ministres aux côtés du secrétaire général de l'Opep à la veille de chaque réunion du cartel, a recommandé mardi un relèvement de 1 million à 1,5 mbj des quotas, selon une source proche des discussions citée par Dow Jones Newswires.

Un relèvement des quotas de production répondrait aux inquiétudes des pays consommateurs, qui voient leur croissance économique, encore fragile, menacée par la récente envolée des prix des matières premières.

Les cours du brut évoluent depuis plusieurs mois au-dessus de 100 dollars le baril, soutenus notamment le conflit en Libye, membre de l'Opep, qui a privé le marché d'environ 1,3 million de barils par jour depuis février.

Un relèvement des quotas les rapprocherait du niveau de la production réelle des Etats membres: en avril, l'offre totale de l'Opep était supérieure de plus de 1,3 mbj aux quotas impartis par l'organisation, selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

Mais d'importantes divergences subsistent parmi les membres du cartel, entre d'une part les pays du Golfe, favorables à un accroissement de leur production pour approvisionner plus abondamment le marché et rassurer les consommateurs, et d'autre part, les membres les plus conservateurs du cartel, comme le Venezuela, l'Irak et surtout l'Iran, qui assure cette année la présidence de l'organisation.

Les tensions politiques autour de la Libye devraient également venir compliquer les débats.

Le régime du colonel Mouammar Kadhafi devait être représenté mercredi par Omran Aboukraa, ancien président de la compagnie libyenne d'électricité, a indiqué mardi à l'AFP une source proche de l'Opep.

Or, plusieurs membres du cartel soutiennent ouvertement les insurgés hostiles à Kadhafi: les Emirats ont participé aux frappes de l'Otan, le Qatar s'est engagé à commercialiser le brut produit par les rebelles, et le Koweït leur a promis fin mai un important soutien financier.