GB: le FMI balaye les appels à adoucir le plan d'austérité gouvernemental

© 2011 AFP

— 

Le FMI a apporté lundi un soutien de poids au plan d'austérité draconien du gouvernement britannique, en l'appelant à maintenir le cap au moment où l'opposition et certains experts l'exhortent au contraire à lever le pied pour soutenir une reprise économique qui s'essoufle.

Le ministre des Finances George Osborne a écouté avec un soulagement non dissimulé le patron par intérim du Fonds monétaire international John Lipsky, venu présenter à Londres le bilan annuel de l'économique britannique établi par ses services.

Le Fonds a pourtant légèrement abaissé sa prévision de croissance pour le Royaume-Uni cette année, à 1,5% contre 1,7%, et il a constaté que le pays avait subi un trou d'air inattendu, avec une stagnation du produit intérieur brut (PIB) lors des deux derniers trimestres accompagnée d'une flambée des prix.

"Cela soulève la question de savoir s'il faut ajuster la politique macroéconomique. La réponse est non, dans la mesure où ces phénomènes sont passagers", a tranché le FMI.

Le FMI a conclu que le plan de rigueur était toujours "approprié".

Au pire, si la conjoncture venait à se dégrader encore plus, le FMI estime que Londres dispose de marges de manoeuvre pour réagir, sans toucher aux coupes budgétaires, comme une relance du programme dit d'"assouplissement quantitatif" de la Banque d'Angleterre, ou encore des baisses d'impôt temporaires.

Le FMI a ainsi balayé les critiques de plus en plus virulentes en Grande-Bretagne contre le plan d'austérité imposé depuis un an par le premier ministre conservateur David Cameron.

Ce plan, le plus sévère mis en place dans les grands pays développés depuis la crise financière, vise à éliminer le déficit public d'ici 2015, au prix de coupes sombres dans les dépenses de l'Etat et des collectivités, conjuguées à des hausses d'impôts et à la suppression de plus de 300.000 postes dans le secteur public.

Ce week-end, une cinquantaine d'économistes ont joint leurs voix à celle de l'opposition travailliste, en accusant le gouvernement de se livrer à une politique d'"auto-destruction", qui risque selon eux d'échouer à réduire le déficit public dans le temps imparti, et "a toutes les chances de se solder par beaucoup plus de mal que de bien".

Ces experts, qui incluent d'anciens conseillers du gouvernement, ont appelé ce dernier à mettre en place un "plan B", en s'attaquant plutôt à l'évasion fiscale pour réduire le déficit, et à relancer les investissements industriels.

L'OCDE, qui soutient pourtant le plan de rigueur britannique depuis l'an dernier, avait surpris le gouvernement le mois dernier, en l'appelant à "réduire le rythme de l'assainissement budgétaire si les nouvelles sur le front de la croissance se détériorent".

En plus de ces attaques, M. Cameron est confronté à une grogne sociale grandissante. Encouragés par la grande manifestation nationale qui avait mobilisé des centaines de milliers de personnes à Londres fin mars, plusieurs syndicats préparent une grève des fonctionnaires contre l'austérité le 30 juin, qui pourrait être le prélude à un été ou un automne socialement agité.

Cette ébullition a poussé le ministre du Commerce Vince Cable à mettre en garde ce lundi les syndicats contre la tentation de se lancer dans une épreuve de force.

Il a profité d'une invitation au congrès d'une des principales centrales, le GMB, pour prévenir qu'une multiplication des grèves pourrait déboucher sur un durcissement du droit de grève, pourtant déjà sévèrement limité au Royaume-Uni depuis les années 1980.