Pourquoi les compagnies aériennes risquent de plonger

TRANSPORTS Les prix des billets pourraient continuer à grimper...

E.M.

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Un Boeing 737 atterrit le 24 mai 2011 à l'aéroport d'Arlanda, dans le nord de Stockholm en Suède.
Un Boeing 737 atterrit le 24 mai 2011 à l'aéroport d'Arlanda, dans le nord de Stockholm en Suède. — JOHAN NILSSON / SCANPIX-SWEDEN / AFP

Les compagnies aériennes sont proches du trou d’air. L’Association internationale du transport aérien (IATA) a divisé par deux, à 4 milliards de dollars, ses estimations de bénéfices pour 2011.

Séisme au Japon

En mars derniers, l’IATA prévoyait encore 8 milliards de dollars de bénéfices pour cette année. C’était sans compter l’impact du séisme et du tsunami au Japon. 

Les vols ont dû être arrêtés puis n’ont repris que très lentement. Un coup dur quand on sait que le pays représente plus de 6% du trafic mondial et environ 10% du chiffre d’affaires du secteur.

Révoltes arabes

Mais cette catastrophe est surtout venue se greffer aux conséquences économiques des révoltes arabes. En Afrique du nord et au Moyen-Orient, le climat politique a tout d’abord eu un impact important sur le trafic.

La révolution en Egypte, ainsi que la crise en Libye, pèsent en outre lourdement sur les cours du brut. Les investisseurs craignent une propagation des révoltes à d’autres pays producteurs de la région et, à terme, une pénurie.

L’IATA a donc relevé de 15%, de 96 à 110 dollars le baril, ses prévisions pour le prix moyen du Brent cette année.

Pertes financières

Une très mauvaise nouvelle pour les compagnies aériennes: leur facture de carburant représente ainsi près de 30% de leurs dépenses. Et selon l’association, une hausse d’un dollar sur le prix du baril constitue pour elles un surcoût de 1,6 milliard de dollars.

Les compagnies se retrouvent donc dans une situation financière précaire. Si ce prix du pétrole moyen progresse encore de seulement 2,5 dollars, le secteur devrait finir l’année en perte, pour la huitième fois en dix ans.

Hausse de la fiscalité

Les cours du brut ne sont en outre pas la seule menace pour le transport aérien. Le secteur craint aussi une hausse de la fiscalité. L’IATA a ainsi critiqué dimanche le projet de l'Union européenne de les obliger à payer pour obtenir un permis d'émission de CO2.

Pour faire face à cette situation, les prix des billets d’avion pourraient bien encore une fois grimper. Comme Lufthansa, British Airways ou la Singapore Airlines, Air France a déjà augmenté en février la surcharge carburant payée par les passagers de 20 euros pour un trajet long-courrier.

Et certaines liaisons risquent également d’être réduites. La co-entreprise entre Air France-KLM, Delta et Alitalia a décidé en mai dernier de diminuer de 7 à 9% ses capacités entre l’Europe, les Etats-Unis et le Canada cet automne pour cause de facture énergétique trop salée.