Sécheresse: La France sera autorisée à débloquer des aides nationales

SOLIDARITÉ e ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a annoncé que le gouvernement français envisageait d'accorder d'éventuelles «aides nationales» aux agriculteurs victimes de la sécheresse...

© 2011 AFP

— 

La sécheresse qui continue de s'étendre en France menace durement le stock de fourrage pour les troupeaux
La sécheresse qui continue de s'étendre en France menace durement le stock de fourrage pour les troupeaux — AFP PHOTO THOMAS BREGARDIS

Les agriculteurs devraient retrouver le sourire. La France envisage de débloquer des aides nationales allant au-delà de ce qui est autorisé d'ordinaire par l'UE pour indemniser ses agriculteurs victimes de la sécheresse. Même si la Commission européenne a exclu pour le moment des aides tirées du budget européen.

Soutien financier aux éleveurs

«Je pense que nous aurons des possibilités d'aides nationales qui dépasseront ce qui est autorisé d'ordinaire par l'UE, cela permettra d'apporter un soutien supplémentaire aux éleveurs», s'est réjoui lundi le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec le commissaire européen en charge du dossier, Dacian Ciolos.Ce dernier s'est dit «disponible pour étudier rapidement toute aide d'urgence de la part des autorités françaises visant à accompagner les éleveurs», dans un communiqué.

En revanche, Bruxelles ne voit pas pour le moment de raison de débloquer des aides européennes pour la sécheresse, a indiqué le porte-parole du commissaire Dacian Ciolos, Roger Waite: «Nous ne sommes pas convaincus à ce stade que cela atteigne une échelle européenne», justifiant une intervention de l'UE.

Pour le moment, aucun montant n'est donné

Bruno Le Maire a précisé qu'il souhaitait avant tout obtenir les «assurances» européennes «pour nous autoriser à débloquer un certain nombre d'aides nationales qui soient conformes au droit européen». Il s'agit notamment d'éviter une réédition du précédent des aides versées aux producteurs de fruits et légumes, jugées illégales par la suite, que la France avait du coup été contrainte de rembourser à l'UE.

Le ministre français n'a pas souhaité détailler les montants d'aides nationales qui pourraient être débloqués, estimant qu'il fallait d'abord évaluer le montant des pertes et les déclarer. Il a également précisé avoir demandé à Dacian Ciolos de «suivre de très près le prix de la viande bovine pour éviter un effondrement qui viendrait rajouter aux difficultés» des éleveurs, dont les marges se sont trouvées très réduites du fait du cours élevé de l'alimentation animale et de la raréfaction des fourrages du fait de la sécheresse.

La création d'un éventuel «groupe d'experts» fait débat

A ce propos, Dacian Ciolos préconise la création d'un groupe d'experts sur l'élevage bovin qui pourrait proposer un mécanisme d'intervention fondé non seulement sur l'évolution des prix, mais aussi sur les marges des agriculteurs. L'idée, discutée lors d'une réunion des ministres européens de l'Agriculture la semaine dernière à Debrecen (Hongrie) est accueillie avec beaucoup de scepticisme par plusieurs pays, comme l'Allemagne.