«Nous ne pouvons pas avoir une monnaie commune et certains avoir plein de vacances et d'autres très peu. A la longue, cela ne va pas». Le missile, envoyé par Angela Merkel devant des militants de son parti en mai dernier, a fait grand bruit. Pour la Chancelière allemande, c’est parce qu’ils travaillent moins que les Allemands que les Européens du Sud connaissent des difficultés économiques.

Idées reçues

Sauf que le cabinet d’études de la banque Natixis s’est penché sur la question et montre que cette idée reçue n’est pas vraie. «Les Allemands travaillent beaucoup moins (sur l’année, sur leur vie) que les européens du Sud», rétorque Patrick Artus, rédacteur de l’étude et directeur des Etudes à Natixis.

En 2010, les Allemands actifs ont ainsi travaillé en moyenne 1.390 heures, contre 1.554 pour la France, 1.654 pour l’Espagne, ou même 2.119 pour la Grèce. De même, les Allemands partaient à la retraite à 62,2 ans en moyenne. Plus que la France (60 ans), mais moins que l’Espagne (62,3 ans) ou le Portugal (62,6 ans). La performance économique de l’Allemagne serait en fait liée «à l’effort d’innovation et de spécialisation dans l’industrie haut de gamme», au coup de frein sur les salaires et à la main-d’œuvre qualifiée.

 

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