La bulle des matières premières va éclater

E.M. avec Reuters

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Un trader travaille avec trois téléphones à la bourse de New York, le 7 mars 2011.
Un trader travaille avec trois téléphones à la bourse de New York, le 7 mars 2011. — L. JACKSON / REUTERS

La spéculation excessive sur les matières premières ne peut plus durer. Selon une étude publiée dimanche par les Nations Unies, une intervention gouvernementale directe serait même nécessaire afin d'éclater cette bulle spéculative.

Spéculation excessive

«Le changement de rôle du marché des matières premières, qui est en train d'évoluer en un marché financier, a d'énormes répercussions sur l'économie», a mis en grade Heiner Flassbeck, l'un des responsables de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le développement (CNUCED) et l'un des auteurs du rapport.

La spéculation a ainsi fait progresser les prix du pétrole d'environ 20% et envoyé un faux message aux acteurs du marché, précise l’étude. «Je pense que nous devons mettre fin à ces mauvais messages en direction de la politique macro-économique», a affirmé Heiner Flassbeck.

Les réformes suggérées par ce rapport incluent notamment une amélioration de la transparence dans les échanges des matières premières et du marché physique de gré à gré, ainsi qu'un meilleur inventaire des données et une action plus judicieuse des Etats dans l'utilisation de leurs stocks.

Bulle financière

Les auteurs de ce rapport, qui se concentre sur six matières premières (pétrole, orge, cacao, maïs, sucre, blé) affirment que la distorsion des prix est un problème même s'il ne doit pas durer.

«L'inflation qui touche les prix de matières premières met en péril une reprise en douceur parce qu'elle provoque un resserrement prématuré de la politique monétaire», souligne le rapport.

La corrélation entre les matières premières et les autres marchés s'est raffermie lorsque le monde a commencé à sortir de la crise financière en 2009.

Les traders de toutes sortes s'interrogeant sur la croissance et ses implications sur la demande, les investisseurs dans les matières premières ont réagi à des indicateurs économiques plus larges et pas seulement aux stocks ou à l'offre.

«Les prix des matières premières risquent d'être soumis aux bulles spéculatives; ils évoluent bien loin de leurs fondamentaux et affichent une haute volatilité», souligne le rapport.

Prix du pétrole

Le pétrole, le plus grand marché des matières premières et qui a attiré le plus d'investissement financier, a atteint un pic au-dessus de 127 dollars pour le baril de Brent en avril avant de corriger brutalement et de revenir à 115 dollars.

Plusieurs initiatives sont actuellement en discussion afin d'instaurer une règlementation plus sévère des marchés, notamment celui des matières premières.

La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine veut des réformes en masse, notamment un plafonnement du nombre de contrats spéculatifs qu'un courtier peut détenir.

Le G20 travaille lui à une plus grande surveillance du marché. Heiner Flassbeck a décrit l'initiative du G20 comme étant «un bon début».