anticiper les épisodes de sécheresse

Mickaël Bosredon

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L'institut national de la recherche agronomique estime que « cet épisode de sécheresse correspond à la moyenne à attendre dans les années à venir ».
L'institut national de la recherche agronomique estime que « cet épisode de sécheresse correspond à la moyenne à attendre dans les années à venir ». — V. MICHEL / AP / SIPAV. MICHEL / AP / SIPA

L'Institut national de la recherche agronomique est « préoccupée » par la sécheresse qui touche la France et une partie de l'Europe. Mais l'organisme veut s'en servir pour anticiper de futurs épisodes, et dessiner les contours de l'agriculture de demain.
La France vit « une situation de sécheresse exceptionnelle, un peu plus grave que celle de 1976 à la même époque, mais dont on ne connaît pas encore l'évolution », assure Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). « La partie sud-sud-est de la France et de l'Europe (Espagne, Portugal, Italie) est pour le moment épargnée, explique Nadine Brisson, de l'unité Agroclim. Le phénomène touche le reste de la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Les températures printanières assez douces entraînent une anticipation de deux à trois semaines des cultures : on le voit sur l'étal des primeurs où des fruits d'été sont déjà présents. »

Croissance perturbée
A court terme, Nadine Brisson évalue une perte de rendement du blé, qui « a vu sa croissance fortement perturbée », entre 10 et 30 %. « Pour le maïs, une culture d'été, les agriculteurs ont anticipé et semé plus tôt que d'habitude. Son rendement dépendra donc de la météo des mois à venir. » « Ce qu'il se passe en Europe est préoccupant. Si cet épisode de sécheresse se confirme être de grande ampleur, nous pouvons craindre des effets sur les prix, qui sont déjà à leur maximum », alerte Jean-François Soussana. La forêt ne sera pas épargnée avec une augmentation du risque d'incendie. D'autres conséquences pourraient apparaître plus tard, comme le dépérissement d'arbres, ou des invasions de pathogènes. La survie de plantations, notamment dans les massifs du Sud-Ouest sur les parcelles de reconstitution, inquiète également. L'Inra explique « regarder les choses au-delà de cette année » et « pose la question de l'adaptation de l'agriculture au changement climatique ». Jean-François Soussana explique effectivement que « cet épisode de sécheresse correspond à la moyenne à attendre dans les années à venir ». Dans ce contexte, « la capacité de récupération des systèmes agricoles et forestiers » inquiète les scientifiques.