Bactérie tueuse: Les producteurs français de crudités en grande difficulté

AGRICULTURE Les ventes de concombres et de tomates sont en chute libre...

E.M. avec Reuters

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Un marché au Mans le 11 mai 2011.
Un marché au Mans le 11 mai 2011. — GILE MICHEL/SIPA

L’épidémie provoquée par la bactérie Escherichia coli pèse de plus en plus sur les producteurs français de crudités. Les distributeurs connaissent également un ralentissement de la consommation.

Baisse des ventes

Incriminé en premier lieu par les autorités sanitaires allemandes, le concombre est la première victime de ces craintes. «Une psychose s'est installée. On la mesure aux chutes de prix», explique Angélique Delahaye, présidente de la Fédération des légumes de France, cultivatrice de concombres et de tomates en Indre-et-Loire.

«On perd tous les jours quelques centimes d'euro par pièce. On est loin de vendre les volumes qu'on devrait vendre à cette époque», analyse-t-elle. Et la suspension des importations russes a rétréci un peu plus les débouchés européens et engorge le marché.

Les prix en chute libre

A Rungis, premier marché de gros de France, le concombre se vendait vendredi autour de 10 à 12 centimes l'unité contre 40 centimes il y a une semaine, explique-t-elle. Philippe Stisi, porte-parole du Marché international de Rungis, estime entre 70% et 80% la mévente de ce légume.

Sur les tomates également, la baisse est sensible. «On a perdu 30% sur les prix depuis vendredi dernier», détaille Pierre Diot, qui préside l'association de producteurs AOP tomates et concombres de France. «On vendait vendredi (27 mai) de la tomate-grappe autour de 1,15 euro. Aujourd'hui, les cours c'est 70 à 75 centimes d'euro», continue-t-il.

Méfiance des consommateurs

Il constate en outre que les invendus s'accumulent. Selon ses chiffres, ce sont environ 3,5 millions de concombres qui ont été détruits vendredi, ce qui représente environ 1,5 million d'euros.

La mise hors de cause du concombre dans l'apparition de l'épidémie n’a pas pour l'instant eu l'impact escompté sur le consommateur. Ce dernier reste très méfiant.

Les professionnels de la filière se plaignent de la communication allemande, «lamentable» selon Pierre Diot. «On aura du mal à relever la tête s'il n'y a pas rapidement d'identification précise de la cause», craint-il. Le coup est d'autant plus dur que la période est l'une des plus favorables de l'année pour la production de concombres en Europe.