Bactérie tueuse: «Une crise comme cela n'aurait jamais pu arriver en France», assure un producteur

ALIMENTATION Les maraîchers français ont beaucoup de mal à vendre leurs légumes...

Elsa Meyer

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Des concombres sur un marché de Hambourg, le 26 mai 2011.
Des concombres sur un marché de Hambourg, le 26 mai 2011. — Marius Roeer/SIPA

Les amoureux de concombres peuvent se lécher les babines: ils n’auront aucun mal à en trouver en ce moment. Les étals sont pleins de ces cucurbitacées, délaissées par les Français depuis la vague d’intoxication alimentaire qui sévit en Europe.

Origine inconnue

En Allemagne, quinze personnes sont décédées à cause de l’Escherichia Coli enterohémorragique, une bactérie présente habituellement dans le tube digestif des ruminants.

Si les autorités allemandes ont au départ incriminé des concombres espagnols, elles ont depuis reconnu que l’origine exacte de cette bactérie était inconnue et pourrait n’avoir rien à faire avec le désormais fameux légume.

Invendus

Mais le mal est fait. Les Français boudent les concombres, au grand damne des producteurs hexagonaux.

«Lundi, 70% de notre production était invendue. Nous sommes montés à 90% mardi et dépassons les 92% ce mercredi. A cette période de l’année, nous écoulons normalement sans problème nos légumes», a expliqué à 20Minutes Louis Vinet, maraîcher en Loire-Atlantique et président des Jeunes maraîchers de légumes de France. Et les craintes commencent aussi à se propager à d’autres produits, comme les tomates.

Le secteur est donc en train de se mobiliser pour rappeler aux consommateurs que la France possède les mesures les plus strictes en Europe en matière de sécurité alimentaire.

Sécurité alimentaire

«Le système de traçabilité permet aux primeurs de pouvoir identifier à tout moment la provenance du produit. Tous les professionnels sont capables de dire qu’ils ont acheté tel légume et auprès de quel producteur le grossiste s’est fourni», affirme à 20Minutes l’Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs.

Selon Louis Vinet, «une telle situation n’aurait jamais pu arriver en France. La charte nationale nous interdit de mettre des substances d’origine animale en contact avec nos légumes».

Crise des producteurs

Pour éviter ce type d’alerte sanitaire, le maraîcher appelle ainsi à une harmonisation vers le haut des règles européennes de sécurité alimentaire.

Mais pour l’instant, les producteurs craignent que la crise ne dure encore la semaine prochaine. «Les pouvoirs publics doivent rassurer les consommateurs et nous aider financièrement.  Car nous ne tiendrons pas plus de quinze jours à ce rythme là», assure-t-il.