Renault: L'ex-responsable de la sécurité assure avoir voulu prévenir la police dans la fausse affaire d'espionnage

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Dominique Gevrey, l'ex-responsable de la sécurité de Renault mis en examen et écroué dans l'affaire de faux espionnage qui secoue le constructeur, assure avoir suggéré d'alerter la police peu après le courrier anonyme à l'origine du scandale, dans un mémo publié mercredi.

Lettre anonyme

Dans ce mémo adressé à France Inter, Dominique Gevrey fait état d'une réunion début septembre 2010 au cours de laquelle le patron du service de sécurité de l'époque, Rémi Pagnié, révèle qu'une lettre anonyme fait état de la corruption de trois cadres du constructeur automobile.

«Avant toute chose, j'ai attiré personnellement l'attention de Marc (Tixador, autre membre du service sécurité) sur les inepties contenues dans ce courrier», assure Dominique Gevrey.

Il explique ensuite avoir recouru avec Marc Tixador à une mystérieuse source pour savoir si l'un des cadres mis en cause, Michel Balthazard, avait un compte à l'étranger et que le résultat s'est avéré concluant.

«La levée de doute étant faite et semblant concluante, appuyé par Marc, j'ai suggéré à Pagnié, sur la base de ces renseignements, de saisir un service de police», écrit Dominique Gevrey.

Mise en garde

Selon lui, Renault ignore alors sa mise en garde et poursuit ses recherches. «Marc (Tixador) et moi avons attiré l'attention sur le fait que ces informations n'étaient pas exploitables en justice car obtenues d'une manière marginale. Cette remarque fut également réitérée pour toute la suite du dossier», ajoute t-il.

Dominique Gevrey, mis en examen pour escroquerie en bande organisée, est incarcéré depuis le 13 mars à Paris. Il est soupçonné d'avoir contribué à une escroquerie au renseignement en faisant accuser à tort d'espionnage industriel trois cadres de Renault, qui ont été depuis innocentés.

Dominique Gevrey assure avoir agi de bonne foi en étant en contact avec une mystérieuse source, supposée avoir été à l'origine des accusations d'espionnage contre les trois cadres. Dans son mémo, il affirme n'avoir eu des doutes sur les informations de sa source que vers le «4-5 mars».

L'ex-responsable de la sécurité a été licencié début mai pour «faute grave».