Économie

des aides vont arroser lesagriculteurs

sécheresse Le ministère pourrait verser plusieurs centaines de millions d'euros d'indemnités

Opération entraide dans le monde paysan. Alors que la France traverse sa pire sécheresse depuis 1976, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé hier un vaste plan de solidarité à l'égard des exploitants, et surtout des éleveurs, qui font face à un manque de fourrage et ont du mal à nourrir leur bétail (lire encadré). Banques, mutuelles, Etat, paysans : tout le monde est mis à contribution.

Négociations en vue
Premier acteur : le gouvernement, qui s'est engagé à débloquer son fonds d'aide aux calamités agricoles. Mais son enveloppe actuelle n'est que de 90 millions d'euros, bien en-deçà des « centaines de millions d'euros » de dédommagement que le ministère s'attend à devoir verser dès la mi-septembre. Pour trouver l'argent sans créer d'impôt, il faudra négocier cet été avec le ministère des Finances. La mission s'annonce dure en pleine période de rigueur. En attendant, pour soulager les trésoreries des agriculteurs, les banques ont promis de débloquer 700 millions d'euros de prêts à taux préférentiels. Et les mutuelles agricoles ont accepté de retarder leurs paiements de cotisation. Reste l'aide entre paysans. « La solidarité entre eux doit continuer, demande Christiane Lambert, du syndicat FNSEA, principal organisation du secteur. Des céréaliers mettent déjà de la paille de côté, pour vendre à bon prix ce fourrage aux éleveurs. C'est une première aide, qui reste à compléter en achetant du fourrage à l'étranger. »

les éleveurs en première ligne

De tous les agriculteurs, les éleveurs sont les plus meurtris par la vague de sécheresse qui frappe le pays. « Il faut nourrir les bêtes tous les jours et le foin se fait rare en ce moment », rappelle la FNSEA. Faute de pouvoir les nourrir, certains agriculteurs ont déjà été contraints de vendre ou d'abattre une partie de leur troupeau.