Prime aux salariés: Le Medef veut faire «modifier» la mesure

POUVOIR D'ACHAT Laurence Parisot veut convaincre les parlementaires avant l'examen du texte par l'Assemblée...

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La présidente du Medef, Laurence Parisot, a exprimé mardi sa volonté de mobiliser les entreprises contre le chômage des jeunes qui, selon elle, a atteint un niveau "insupportablement élevé" notamment dans les quartiers populaires.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, a exprimé mardi sa volonté de mobiliser les entreprises contre le chômage des jeunes qui, selon elle, a atteint un niveau "insupportablement élevé" notamment dans les quartiers populaires. — Eric Piermont afp.com

Le Medef va faire du lobbyisme contre la prime aux salariés. La présidente Laurence Parisot a annoncé que son organisation allait oeuvrer auprès des parlementaires afin que le projet gouvernemental de prime «dividendes» aux salariés ne soit pas adopté en l'état, ce lundi dans un entretien à RMC et BFM-TV. Rappelant son inquiétude face à «un projet de loi qui ne concerne pas que les entreprises du CAC 40 mais l'ensemble du tissu des PME», susceptibles d'être mises ainsi en difficulté, Laurence Parisot a estimé que ce projet «doit être modifié».

«On va expliquer aux députés, aux sénateurs», a-t-elle dit, en soulignant qu'à ses yeux «un mécanisme aussi simple que celui qui a été conçu n'est pas pertinent». Le Conseil des ministres a adopté mercredi le texte sur la prime obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 personnes qui versent à leurs actionnaires un dividende supérieur à la moyenne de celui des deux exercices précédents. L'examen parlementaire du texte doit débuter le 14 juin à l'Assemblée nationale.

La nécessité d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés

La mesure qui ne devrait toucher qu'un salarié sur quatre est décriée par le patronat comme par les syndicats. «L'histoire a montré qu'un dispositif adopté conjointement par les organisations patronales et syndicales était plus fiable, plus durable», a dit la responsable d'une organisation qui a déjà dénoncé l'ingérence du gouvernement dans le dialogue social.

Sur le fond, Laurence Parisot a reconnu qu'il était nécessaire d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés mais privilégie les dispositifs d'intéressement et de participation qui, selon elle, «marchent plutôt bien», même si a-t-elle regretté, «depuis 2008 le gouvernement augmente le taux d'imposition sur ce mécanisme chaque année», de deux point supplémentaires.