FMI: Les compétences de Christine Lagarde reconnues de Bruxelles à Washington

ECONOMIE Mais les Etats-Unis pourraient privilégier un candidat non-Européen...

Elsa Meyer
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Christine Lagarde, lors de la conférence de presse où elle a annoncé sa candidature au poste de directeur général du FMI, et clamait avoir défendu les intérêts de l'Etat dans l'Affaire Tapie, le 26 mai 2011
Christine Lagarde, lors de la conférence de presse où elle a annoncé sa candidature au poste de directeur général du FMI, et clamait avoir défendu les intérêts de l'Etat dans l'Affaire Tapie, le 26 mai 2011 — t. camus / ap / sipa

De notre envoyée spéciale à Deauville

Le sujet n’est pas officiellement sur la table des discussions du G8 à Deauville. Mais les chefs d’Etat évoqueront sûrement la candidature de Christine Lagarde pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI.

La ministre de l’Economie s’est lancée dans la course mercredi. Si tout le monde reconnaît sa valeur, les Etats-Unis pourraient toutefois préférer un candidat non-Européen.

L’Europe acquise

En pleine crise de la zone euro, l’Union européenne souhaite que les rênes de l’institution soient à nouveau confiées à un Européen. Et le nom de Christine Lagarde fait l’unanimité. Un soutien essentiel puisque la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne pèsent pour un tiers des droits de vote au FMI.

A Deauville, le président de l’UE, Herman Von Rompuy, a souligné jeudi lors d’une conférence de presse les qualités de la ministre. Même si «je ne suis pas là pour faire du lobbying, je n’hésiterais pas à dire tout le bien que je pense de Christine Lagarde si on me le demande. Elle a beaucoup d’expérience et une forte personnalité», a-t-il précisé.

Continuité à la tête du FMI

La chancelière allemande, Angle Merkel, soutiendrait déjà la ministre. La Grande-Bretagne, aussi, «va se ranger derrière elle», a expliqué à 20Minutes un journaliste britannique présent pour le sommet du G8.

«Pour le gouvernement elle est compétente, a une grande expérience à l’international et parle bien anglais. Elle est en outre française et européenne et il souhaite de la continuité», a-t-il affirmé. 

Pays émergents

En dehors des frontières de l’UE, certains aimeraient bien cependant un peu de changement à la tête du Fonds.

Les Etats-Unis, notamment, qui détiennent à eux seuls près de 17% des droits de vote, réfléchissent à l’opportunité d’une candidature non-européenne. «Timothy Geithner [le secrétaire au Trésor américain] a déjà reconnu les qualités de Christine Lagarde. Mais certains hommes politiques estiment que les Européens ont mal géré la crise dans la zone euro et qu’il serait peut-être temps de confier le FMI à un pays émergent», analyse pour 20Minutes Liz Alderman, correspondante au G8 pour le New York Times et Herald Tribune.

Candidature féminine

Et pour la journaliste il n’y a aucun sentiment anti-Français dans cette succession au FMI, alors que la presse américaine n’est pas tendre avec l’Hexagone depuis l’affaire DSK. 

«Sa nationalité n’est pas un handicap. Le fait qu’elle soit une femme pourrait en outre jouer en sa faveur. Plusieurs de nos lecteurs plaident ainsi pour une directrice à la tête de l’institution», explique-t-elle.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a elle-même déclaré jeudi à Paris que si les Etats-Unis n’avaient pas pris officiellement position, «officieusement, nous sommes favorables à ce que des femmes très qualifiées et expérimentées puissent diriger des institutions majeures».