La success story américaine de Christine Lagarde

PORTRAIT Rien ne résiste à la nouvelle directrice du FMI outre-Atlantique...

T.S, avec G.W, Vidéos Ina.fr

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Capture d'écran d'une vidéo d'archive du premier passage de Christine Lagarde à la télévision française, au JT de France 2 la 14 octobre 1999
Capture d'écran d'une vidéo d'archive du premier passage de Christine Lagarde à la télévision française, au JT de France 2 la 14 octobre 1999 — DR

Christine Lagarde, 55 ans, a été désignée ce mardi directrice générale du Fonds Monétaire International. Elle va donc quitter le quai de Bercy le ministère de l'Economie pour Washington, aux Etats-Unis. La boucle est bouclée pour celle dont la carrière à la dimension internationale a débuté outre-Atlantique.

En effet, c’est à l’étranger que Christine Lagarde a bâti sa réputation et son expérience. En 1999, c’est pour son succès aux Etats-Unis qu’elle fait sa première apparition à la télévision. Elle vient d’être nommée présidente du cabinet d’avocats Baker et Mc Kenzie. A seulement 43 ans, elle règne alors pour trois ans sur le plus grand cabinet d’avocats aux Etats-Unis.

Ce n’est qu’en 2005 qu’elle fait ses débuts en politique, en tant que ministre déléguée au Commerce extérieur. Le magazine Forbes la classe alors 76e femme la plus puissante au monde. Elle s’impose très vite sur les questions économiques dans le gouvernement de François Fillon.

L’année 2007 marque un tournant dans sa carrière politique. C’est elle qui est choisie pour succéder à Jean-Louis Borloo à un poste alors maudit, celui de ministre de l’Economie. Avant son arrivée, le paquebot de Bercy consommait les ministres: sept en sept ans… Donnée partante plusieurs fois, Lagarde échappera à tous les remaniements. Et ce malgré quelques bourdes, dont sa sortie en novembre 2007 où elle avait conseillé aux Français victimes de la hausse du prix des carburants d'utiliser leur bicyclette.

Le secret de sa longévité? Son «esprit d’équipe» et sa capacité à travailler avec les autres, d’après son directeur de cabinet Christophe Bonnard. Un fin connaisseur de Bercy, interrogé par 20minutes, rappelait même récemment qu’«au sein de l’administration du Trésor, on dit qu’elle n’est pas toujours très présente sur le fond, sur le cœur des dossiers», mais que «Lagarde, c’est avant tout une belle vitrine.

Mais c’est son rôle: elle est très à l’aise avec les dirigeants, elle connaît tout le monde, elle connaît même Obama depuis très longtemps». Là encore, cela pourrait servir la ministre, puisque le poste de directeur général du FMI est avant tout considéré comme un travail de «représentation», la gestion des affaires courantes revenant souvent au numéro 2, le directeur général adjoint.