EDF veut être le premier électricien mondial d'ici à 2020

ENERGIE Le groupe veut une hausse moyenne des tarifs de 2,5% par an, a expliqué son PDG, Henri Proglio...

E.M. avec Reuters

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Le PDG d'EDF Henri Proglio, le 26 novembre 2009, à Flamanville.
Le PDG d'EDF Henri Proglio, le 26 novembre 2009, à Flamanville. — CHRISTOPHE ENA/AP/SIPA

Le PDG d’EDF, Henri Proglio, a détaillé dans un entretien au journal Le Monde ses ambitions pour les années à venir.  Il compte bien faire du groupe le premier électricien mondial en 2020 tout en se renforçant dans le nucléaire malgré la catastrophe de Fukushima.

Et EDF continue de militer pour une hausse des tarifs des particuliers. «Nous pensons qu'il faut une hausse moyenne des tarifs de 2,5% par an d'ici à 2015, pour la production, le transport-distribution et la contribution au service public de l'électricité», a-t-il précisé.  Mais il «ajoute n'avoir fait aucune demande en ce sens au gouvernement».

Premier électricien mondial

Par croissance organique, le groupe public vise 200 gigawatts (GW) de capacités en 2020 contre environ 150 actuellement, dont 50% dans le nucléaire, 25% dans le thermique (gaz, charbon) et 25% dans l'hydraulique et les autres énergies renouvelables, précise-t-il dans un entretien publié dans l'édition du quotidien datée de mercredi.

A titre de comparaison, GDF Suez  a fait savoir début mars qu'il visait des capacités de production électrique de 150 GW en 2016, dont 90 GW hors d'Europe, contre 113 GW aujourd'hui en fonctionnement.

«EDF va renforcer ses avantages compétitifs, notamment dans le nucléaire, et répondre à la diversité des besoins de ses clients dans le monde: grands barrages hydroélectriques, charbon propre et gaz, conception et exploitation de réseaux électriques comme en Russie et en Chine», précise Henri Proglio.

«Tout cela nous renforcera en France. Dans chaque pays, notamment ceux en forte croissance, nous ferons des partenariats avec des producteurs de matières premières qui ont intérêt à rechercher la valeur ajoutée. L'association d'EDF avec un grand producteur de gaz ou de charbon, par exemple, peut être gagnante pour les deux», poursuit-il.

Crise du nucléaire

Henri Proglio devrait annoncer officiellement ses orientations stratégiques lors de l'assemblée générale des actionnaires prévue à partir de 14h30.

Le patron d'EDF estime également que la crise nucléaire japonaise de Fukushima, consécutive au séisme et au tsunami du 11 mars, ne remettait pas en cause le recours à l'atome.

«De nombreux projets nouveaux seront retardés ou différés (...) Mais cet accident ne remet pas en cause le nucléaire», dit-il au Monde. «Le nucléaire sera plus sélectif et plus exigeant», explique-t-il.

Le PDG d'EDF indique également que le groupe a l'ambition de devenir «une référence majeure et le leader européen (des énergies renouvables) avec 45 GW installés», alors qu'il a lancé une offre de rachat des minoritaires de sa filiale EDF Energies nouvelles.