FMI: Comment sera choisi le successeur de DSK?

ÉCONOMIE es désignations à la tête du Fonds sont l'objet de longues tractations, bien peu transparentes...

Thibaut Schepman

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Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 16 avril 2011 à Washington (Etats-Unis) lors d'une réunion des membres du Fonds.
Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 16 avril 2011 à Washington (Etats-Unis) lors d'une réunion des membres du Fonds. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Après son arrestation ce week-end pour agression sexuelle et tentative de viol, Dominique Strauss-Kahn a finalement décidé de quitter son poste à la tête du Fonds monétaire international

De nombreux successeurs possibles ont déjà été cités, notamment la ministre de l’Economie française Christine Lagarde, ou bien Gordon Brown, ancien chancelier de l'Echiquier et Premier ministre anglais. 

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L’Europe et les Etats-Unis ont plus de poids

Malgré la tradition qui veut qu’ un Européen occupe ce poste, le Sud-africain Trevor Manuel, qui fut très longtemps ministre des Finances de son pays, ou encore le turc Kemal Dervis, pourraient avoir leur chance.

Le choix repose entre les mains des 24 membres du Conseil d’administration du FMI. Cinq pays (les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni) y sont représentés par un administrateur permanent, les autres étant réunis par groupe de pays et se partageant les 19 postes restant à tour de rôle.

Pourtant, le scrutin a très peu de chance d’être serré. D’une part parce que les Etats-Unis - qui comptent à eux seul 16% des droits de vote - et l’Europe pèsent beaucoup plus que les autres pays dans la décision.  C’est entre ces pays qu’auront lieu les tractations, et celles-ci se dérouleront bien avant le vote définitif. Les représentants s’étaient par exemple entendus longtemps à l’avance sur la candidature de Dominique Strauss-Kahn, et son élection ne faisait plus aucun doute à quelques semaines du scrutin.

Vote à huis clos

De plus, le conseil d'administration commence toujours par réaliser un  vote à huis clos, pour faire le point sur les alliances. Chacun se rallie ensuite à la décision majoritaire lors du vote officiel, si bien que la grande majorité des décisions sont prises à l’unanimité. Au moment du scrutin, il sera donc déjà trop tard, et c’est dès aujourd’hui, en coulisse, que chacun se prépare. Un manque de transparence souvent reproché, mais qui prévaut encore pour ce genre de postes.

«S’ils pensent vraiment qu’il est temps pour eux de mettre en avant un candidat pour ce poste, [les pays émergents] doivent s’y mettre maintenant», estime ainsi Morris Goldstein, membre du Peterson Institute for International Economics et ancien membre du FMI interrogé par Bloomberg. Avant d’avertir: «S’ils ne font rien et qu’ils attendent encore et encore alors ce sera à nouveau un Européen».

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