FMI: Les successeurs potentiels à Dominique Strauss-Kahn

ECONOMIE Les atouts et faiblesses de ceux qui pourraient le remplacer à la tête de l'institution...

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Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 16 avril 2011 à Washington (Etats-Unis) lors d'une réunion des membres du Fonds.
Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 16 avril 2011 à Washington (Etats-Unis) lors d'une réunion des membres du Fonds. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Les noms de plusieurs successeurs potentiels à Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur général du Fonds monétaire international sont évoqués dans la presse depuis plusieurs semaines, au fur et à mesure que l'hypothèse de son départ se précisait.

Les spéculations n'ont fait que grandir depuis l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn samedi à New York, incitant à peser les atouts et faiblesses des prétendants supposés.

Christine Lagarde, 55 ans, ministre de l'Economie

L'économiste américain Nouriel Roubini l'a présentée comme le meilleur compromis possible si jamais les Etats membres souhaitent maintenir le poste dans le giron de l'Europe. Très appréciée de ses confrères du G20 et de la zone euro, elle est reconnue comme habile et compétente. Cependant, elle est au coeur d'une controverse en France pour sa gestion de l'indemnisation de l'ancien homme d'affaires Bernard Tapie, dans l'affaire de la vente d'Adidas par le Crédit Lyonnais en 1993.

Kemal Dervis, 62 ans, ancien ministre des Finances turc

Cette figure bien connue des institutions internationales, qui fut administrateur du Programme des Nations unies pour le développement et travailla plus de vingt ans à la Banque mondiale, cumule deux grands atouts: il est issu d'un pays émergent membre du G20 et il est proche des Européens. Un bookmaker londonien, William Hill, en fait son favori (à 5 contre 2). Il faudra convaincre les Européens qu'ils lâchent le poste.

Montek Singh Ahluwalia, 67 ans, directeur adjoint du Commissariat au Plan indien

Favori pour être le candidat officiel de New Dehli, il a travaillé et à la Banque mondiale et au Bureau indépendant d'évaluation du FMI. La presse indienne a écrit ces dernières semaines sur l'envie du gouvernement de décrocher le poste. Mais il ne sera pas forcément suivi par ses homologues asiatiques.

Tharman Shanmugaratnam, 54 ans, ministre des Finances singapourien

Président du Comité monétaire et financier international, l'instance qui détermine les orientations politiques du FMI, il vient d'un pays qui pourrait représenter un bon compromis pour les Asiatiques. Mais sa carrure personnelle n'est pas celle d'autres candidats.

Trevor Manuel, 55 ans, ancien ministre des Finances sud-africain

Cet homme qui avait accédé très jeune aux responsabilités sous la présidence de Nelson Mandela est poussé par son pays comme représentant de tout un continent. Mais les pays africains sont restés muets depuis que son nom a émergé. 

Agustin Carstens, 52 ans, gouverneur de la Banque du Mexique

Respecté à Washington pour sa gestion des finances publiques à l'époque il fut ministre (2006-2009), il est consensuel au sein du G20. Mais le Mexique contrôle déjà le poste de numéro un de l'OCDE, avec Angel Gurria.

Stanley Fischer, 67 ans, gouverneur de la Banque d'Israël

Incarnation du consensus de Washington, il fut premier directeur général adjoint du FMI de 1994 et 2001. Ce poste est traditionnellement réservé à un Américain, nationalité qu'il possède aussi. C'est ce point qui pourrait poser problème, dans la mesure où les Etats-Unis contrôlent la présidence de la Banque mondiale.