Christine Lagarde à la tête du FMI, l'Irlande et la Grèce qui perdent un allié: L'affaire DSK vue par la presse économique

REVUE DE PRESSE Dominique Strauss-Kahn risque très probablement de quitter le FMI alors que de lourds dossier sont encore à l’étude…

Thibaut Schepman
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The Wall Street Journal (Etats-Unis)
The Wall Street Journal (Etats-Unis) — DR

Alors que l’onde de choc s’étend toujours plus, la presse du monde entier tente d’imaginer les conséquences économiques de l’«Affaire DSK». Une chose est sûre, «cette affaire ne pouvait pas tomber à un moment plus inopportun», comme le résume le Wall Street Journal mardi.

Même si DSK n’a pas que des admirateurs au FMI, sa gestion de la crise de la dette en Europe faisait quasiment l’unanimité. Or le scandale éclate au moment même où cette crise s’aggrave, la Grèce risquant sous peu de devoir négocier un second plan d’aide. Le Wall Street Journal rappelle ainsi que Dominique Strauss-Kahn «a joué un rôle clé dans la coordination de la réponse commune aux différents plans de sauvetage d'urgence de la Grèce, l'Irlande et du Portugal». C’est lui qui avait réussi à mettre d’accord les pays européens sur ces plans d’aide. Au moment de son arrestation, DSK était d’ailleurs attendu en France  pour étudier ces questions avec Angela Merkel, la chancelière allemande, avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi soir.

Toujours plus d’austérité pour L’Irlande et la Grèce?

Le très probable départ de Dominique Strauss-Kahn, qui a pour le moment été remplacé par son numéro 2 John Lispky, est donc un coup dur pour ces négociations. «C’est un peu comme un navire qui perdrait son capitaine expérimenté au moment où la mer devient difficile», compare dans une tribune Jan Randolph, directeur du cabinet d’analyse IHS Global Insight.

Pour le quotidien anglais The Guardian, ce sont les pays européens endettés qui devraient être les grands perdants en cas de remplacement définitif de Dominique Strauss-Kahn. Les conditions demandées en échange des plans d’aide pourraient en effet être encore plus strictes qu’auparavant. Nick Bullman, directeur du cabinet CheckRisk interrogé lundi par le quotidien anglais, assure par exemple que l’Irlande serait contrainte d’augmenter le taux d’imposition sur les sociétés, très bas dans le pays.

Qui pour le remplacer?

Tout dépendra de la personnalité qui succédera à DSK comme prochain directeur général du FMI, si son départ est confirmé. Un accord tacite voulait jusqu'à aujourd'hui que ce soit un Européen qui occupe ce poste, alors que les Américains dirigent traditionnellement la Banque mondiale. Mais la déroute actuelle pourrait changer la donne, comme le prédit un chroniqueur du Time, Tim Padgett. 

Le Wall Street Journal cite notamment Trevor Manuel, président de la commission de planification en Afrique du Sud et l'un des ministres des Finances de ce pays qui fut le plus longtemps en poste dans le pays, ou encore le Turc Kemal Dervis dans la liste des successeurs potentiels. Ce serait là une petite révolution dans la gouvernance économique mondiale, peu ouverte aux «pays émergents».

A moins que la crise que subit l’Europe ne nécessite l’expérience d’un Européen. La crise de la dette est en effet le principal dossier géré actuellement par le fonds, rappelle ainsi le chroniqueur Wolfgang Münchau qui plaide pour qu’un Européen garde la tête du FMI dans les colonnes du Financial Times. Mardi, The Guardian plaçait donc Christine Lagarde, actuelle ministre de l’Economie française, en tête de la liste des probables successeurs.