Dominique Strauss-Kahn ne fait pas toujours l'unanimité comme directeur du FMI

ECONOMIE Même si son bilan est jugé positif...

E.M.
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Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 16 avril 2011 à Washington (Etats-Unis) lors d'une réunion des membres du Fonds.
Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 16 avril 2011 à Washington (Etats-Unis) lors d'une réunion des membres du Fonds. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Dominique Strauss-Kahn ne devrait pas revenir de sitôt dans son bureau de directeur du Fonds monétaire international à Washington, s’il y remet les pieds un jour.

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Il a été remplacé en urgence ce week-end après son arrestation par le numéro deux du FMI, John Lispky. Difficile cependant d’imaginer DSK rester en fonction s’il devait se défendre d’une plainte pour agression sexuelle.

Le code de conduite de l’institution oblige ses fonctionnaires à respecter les lois et à «suivre les normes les plus élevées de comportement éthique, conforme aux valeurs d'intégrité, d'impartialité et de discrétion», sous peine de licenciement.

Et si son bilan est plutôt jugé positif, certains ne seraient pas mécontents de le voir quitter Washington.

Bilan positif

Arrivé en 2007 à la présidence du FMI, l’action de Dominique Strauss-Kahn est souvent reconnue. «Malgré tous ses défauts, [il] a été un militant solide et efficace pour le FMI. Il a saisi l'occasion offerte par la crise d'augmenter la base de ressources du Fonds et d'améliorer son organisation et sa répartition des pouvoirs», expliquait lundi à l’AFP Eswar Prasad, économiste à l’institution de 1990 à 2006.

Il faut dire que la crise financière et économique mondiale a propulsé le FMI sur le devant de la scène. De l’Islande à la Grèce en passant par l’Ukraine, l’Irlande ou le Portugal, de nombreux Etats membres se sont vus obligés de lui demander une aide financière.   

Un Européen dans l’âme

Mais ces quatre années à la tête du FMI ne font pas totalement l’unanimité. DSK est ainsi accusé par certains d’être trop européen dans l’âme.

Il s’est beaucoup investi pour essayer de mettre un terme à la crise dans la zone euro. Les Etats-Unis, le Canada ou les pays émergents lui reprochent cependant de consacrer près d’un tiers des engagements du Fonds à des plans de relance pour ces pays en difficulté budgétaire.

Plusieurs voix s’élèvent aussi sur les nouveaux débats lancés par l’équipe de DSK depuis son arrivée à la tête du FMI. Les membres les plus conservateurs de l’institution ont ainsi grincé des dents face aux discussions sur une plus grande intervention des Etats pendant la crise, une meilleure gouvernance économique mondiale ou la mise en place d’une taxe sur les transactions financières.

Autre sujet contesté: la volonté de DSK d’améliorer la représentativité des pays émergents au sein du FMI. Depuis ce week-end, ces derniers plaident d’ailleurs pour que ce soit l’un des leurs qui prenne maintenant les rênes de l’institution.