Affaire Lactalis/Parmalat: Société générale, Intesa et Lazard mises en examen

E.M. avec Reuters

— 

Intesa Sanpaolo, Lazard et la filiale italienne de la Société générale ont été mises en examen dans une enquête portant sur des soupçons de délits d'initiés et de manipulations de cours dans le cadre de l'offre de Lactalis sur Parmalat, a expliqué jeudi une source proche de l'enquête.
                                   
Elle a ajouté que les trois établissements avaient été mis en examen pour ne pas avoir empêché des pratiques potentiellement illégales de certains de leurs employés.

Lactalis et Parmalat

Lactalis, qui a porté sa participation dans Parmalat de 11% à 29% en mars, a lancé en avril une offre de 3,4 milliards d'euros pour tenter d'acquérir les 71% restants, ce qui donnerait naissance au numéro un mondial des produits laitiers.
                                   
Parmi les quatre personnes mises en examen figurent Fabio Cane, responsable de l'actionnariat privé pour Intesa Sanpaolo et son épouse Patrizia Micucci, responsable de la branche investissement de la Société Générale en Italie, d'après un mandat de perquisition dont Reuters a pris connaissance.
                                   
Les autres mis en examen sont Carlo Salvatori, président de Lazard en Italie, et Massimo Rossi, un ancien responsable de Swedish Match , qui avait été choisi par trois fonds étrangers pour devenir le patron intérimaire de Parmalat.

D'après le mandat de perquisition, les enquêteurs soupçonnent Fabio Cane de délit d'initié, et les autres de manipulation des cours.

Délit d'initiés

Dans le document, les enquêteurs précisent que Fabio Cane disposait d'«informations privilégiées» sur le prix qu'Intesa Sanpaolo offrait aux fonds étrangers pour racheter leur participation de 15,3% dans Parmalat.
                                   
Il aurait transmis ces informations à sa femme, apès quoi Lactalis aurait proposé un prix plus élevé. De concert avec Massimo Rossi et Carlo Salvatori, Patrizia Micucci aurait également diffusé "de fausses informations" affectant le cours de Parmalat.
                                   
La brigade financière italienne a perquisitionné les locaux italiens d'Intesa Sanpaolo, de Lazard et de la Société Générale, mais aussi ceux du Crédit Agricole, de deux sociétés de communication, le domicile de l'un des suspects ainsi qu'un fonds d'investissement.
                                   
Intesa Sanpaolo n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat. La Société générale n'a pas non plus souhaité commenter ces nouveaux développements dans l'affaire Parmalat. À Paris, une porte-parole de la banque française a cependant dit coopérer avec les autorités italiennes.
                                   
Lactalis a souligné qu'il ne faisait pas l'objet d'une enquête judiciaire et a dit avoir agi de façon conforme lors du rachat des titres Parmalat.