Sarkozy veut un maintien de la PAC «à l'euro près»

AGRICULTURE Sinon, la France bloquera les négociations sur le budget européen, prévient-il...

Avec Reuters

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Le président de la République Nicolas Sarkozy lors de son intervention à l'Assemblée des maires des Ardennes, à Renwez, le 19 avril 2011.
Le président de la République Nicolas Sarkozy lors de son intervention à l'Assemblée des maires des Ardennes, à Renwez, le 19 avril 2011. — AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

La France bloquera toute réforme de la Politique agricole commune (PAC) qui ne maintiendrait pas son budget «à l'euro près», a déclaré jeudi Nicolas Sarkozy lors d’une table ronde avec des agriculteurs, à Arras. Le chef de l'Etat s'est dit prêt à envisager des aménagements sur les allocations de cette politique européenne dans le cadre des négociations pour le budget européen de 2014 à 2020 mais a exclu que son enveloppe financière soit diminuée.

«La France veut le maintien du budget de la politique agricole commune à l'euro près», a-t-il lancé. Et de menacer: «Si on ne peut pas comprendre cela, la France bloquera.» Il a encore prévenu: «qu'il y ait des tentations d'aller barboter ici où là, je le sais, mais il faut vite s'arrêter parce que ce sera sans la France et la France a beaucoup d'amis.»

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La PAC représente un tiers du budget européen, à égalité avec les aides aux régions pauvres, et la volonté des pays riches de l'UE, France et Allemagne en tête, de stabiliser le budget européen de 2014 à 2020 entraîne certains Etats membres à réclamer des coupes dans les dépenses agricoles.

L’avertissement au Brésil

Le président français a d'autre part jugé inacceptable le projet d'accord de libre-échange en négociation entre l'Union européenne et le Mercosur sud-américain en invoquant des études d'impact montrant que les revenus des éleveurs européens pourraient connaître des baisses de 20% à 25% s'il était appliqué en l'état. «Je ne peux pas l'accepter. Je ne l'accepterai pas», a-t-il déclaré, en ajoutant que «le Brésil doit comprendre qu'il doit y avoir une ligne rouge».

L'UE et le Mercosur ont relancé en mai 2010 des discussions bloquées depuis six ans avec pour objectif de créer la zone de libre échange la plus grande au monde, regroupant 750 millions de personnes et des marchandises évaluées à 65 milliards d'euros par an. L'objectif est de parvenir à un accord à la mi-2011. Si cet accord était appliqué, les pertes de revenus annuels pour le secteur agricole européen à l'horizon 2020 se chiffreraient à plus de trois milliards d'euros annuels, selon une étude publiée fin avril pour le compte de la Commission européenne.