Grèce: Dix blessés dont un grave dans les manifestations contre l'austérité et les privatisations

ÉCONOMIE ercredi une grève générale était organisée contre l'austérité....

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Un jeune manifestant s'enfuit alors que  d'autres sont frappés à coups de matraques par la police mercredi 11 mai  2011 à Athènes (Grèce). La police anti-émeute a utilisé beaucoup de gaz lacrymogènes pour  disperser les jeunes jetant des pierres.
Un jeune manifestant s'enfuit alors que d'autres sont frappés à coups de matraques par la police mercredi 11 mai 2011 à Athènes (Grèce). La police anti-émeute a utilisé beaucoup de gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes jetant des pierres. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

Des milliers de Grecs ont manifesté mercredi, jour de grève générale, contre les mesures d'austérité et les privatisations décidées par le gouvernement qui cherche à obtenir une nouvelle aide internationale afin d'éviter une restructuration de la dette grecque.

Environ 10.000 personnes selon la police ont battu le pavé à Athènes contre les sacrifices imposés au pays. Quelques incidents ont eu lieu lors de l'arrivée du cortège devant le Parlement, avec du mobilier urbain incendié, jets de pierre, suivis de tirs de grenades assourdissantes et lacrymogènes par la police sur des groupes de jeunes manifestants, ont constaté des journalistes de l'AFP.

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Aucune violence

Un homme, âgé d'une trentaine d'années, selon les premières informations, a été blessé grièvement à la tête avant d'être hospitalisé et opéré d'urgence en raison d'un "hématome derrière la tête, selon le ministère de la Santé. Son état de santé était critique mais stable mercredi soir, selon le ministère. Au total une dizaine de personnes ont été blessées, dont trois policiers tandis que la police a procédé à une vingtaine d'interpellations.

Toutefois, aucune violence du même type que celles de l'an passé lorsque trois employés de banque sont morts le 5 mai 2010 en marge d'une telle manifestation, asphyxiés dans l'incendie provoqué par un jet de cocktail molotov.

Grève générale

Pour la deuxième fois depuis le début de l'année, les syndicats - GSEE pour le privé, Adedy pour les fonctionnaires ainsi que le front syndical communiste Pame - protestaient contre un durcissement de la cure d'austérité, assorti d'une intensification des privatisations (50 milliards d'euros d'ici 2015), un plan qui est actuellement évalué et discuté avec les représentants des bailleurs de fonds du pays (zone euro et FMI), présents à Athènes.

Les deux compagnies grecques, Olympic Air et Aegean, ont annulé des vols. Les ferries vers les îles sont restés à quai, et les trains en gare. "Après un an (d'aide internationale), nous sommes hélas dans une situation pire, le chômage a explosé, les salaires sont au plus bas niveau et le pire c'est qu'il n'y a aucune perspective d'issue," a déclaré à l'AFP Stathis Anestis, secrétaire général adjoint de la GSEE.

Bradage des acquis sociaux

"On veut nous supprimer des acquis sociaux de plusieurs siècles" a renchéri Vangelis Papadoyannis, 46 ans, employé d'Intracom, une société de nouvelles technologies. "Non au bradage" indiquaient certaines banderoles critiquant le programme de privatisations qui prévoit d'ouvrir le capital des grands groupes publics (électricité, eau...) afin de réduire la dette, qui a explosé au dessus de 340 milliards d'euros et doit atteindre 152% du PIB d'ici la fin de l'année.

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"Si c'était au profit de l'Etat, on serait prêt à des concessions, mais ils ne nous bradent que pour rembourser nos créanciers", a regretté Tassoula Carabina, 48 ans, employée du groupe d'électricité DEI-PPC. Le train de mesures pris l'an dernier en contrepartie du sauvetage du pays via le déblocage d'un prêt de 110 milliards d'euros par l'UE et le FMI a pour l'instant échoué à rétablir l'accès du pays aux marchés.

"Le programme de réformes a échoué," a dit mercredi à l'AFP Platon Monokroussos, économiste pour Eurobank selon qui le gouvernement est en train de négocier "un nouvel accord" . Les Européens planchent sur les moyens d'empêcher un défaut grec au cas où les taux d'intérêt imposés au pays, actuellement prohibitifs à plus de 15%, continueraient de l'empêcher de se refinancer sur les marchés en 2012. Une restructuration de la dette grecque aurait des conséquences potentiellement dévastatrices pour l'économie du pays mais aussi pour la stabilité de la zone euro dans son ensemble, a averti mercredi la Commission européenne.