Affaire Tapie: Christine Lagarde contre-attaque

POLITIQUE «On essaie de me salir», assure la ministre de l'Economie...

M.P.
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Conférence de presse de Christine Lagarde, la ministre des Finances, et de Christien Noyer, le gouverneur de la Banque de France, à Bercy, avant l'ouverture du G20 Finances le 18 février 2011.
Conférence de presse de Christine Lagarde, la ministre des Finances, et de Christien Noyer, le gouverneur de la Banque de France, à Bercy, avant l'ouverture du G20 Finances le 18 février 2011. — MEIGNEUX/SIPA/

Menacée d’une enquête pour abus d’autorité dans le dossier de l’arbitrage en faveur de Bernard Tapie, Christine Lagarde s’est défendue dans un entretien paru mercredi dans Le Figaro. «On essaie de me salir, sans doute pour faire oublier que tout cela, c'est l'héritage des petits arrangements de l'époque Mitterrand», attaque la ministre de l’Economie, qui répète sa ligne de défense: «sérénité sur le fond, mais indignation sur le procédé».

Le procureur de la Cour de cassation a en effet demandé mardi l’ouverture d’une enquête sur la ministre de l’Economie pour «abus d'autorité». Saisi par neuf députés socialistes début avril, Jean-Yves Nadal veut connaître le rôle exact de la ministre dans l’attribution de 285 millions d'euros de fonds publics à Bernard Tapie en 2008. 

La commission des requêtes de la Cour de justice de la République, chargée de juger les ministres en exercice, tranchera la question dans un mois. Si elle accepte la demande du procureur, une commission d'instruction de trois magistrats devra enquêter. «Nous verrons, mais, je le répète, je suis sereine comme je l'ai toujours été sur ce dossier», répète la ministre car, «à [sa] connaissance aucun élément nouveau apporté au fond du dossier».