Portugal: le centre-droit veut aller au-delà des exigences du FMI et de l'UE

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L'opposition de centre-droit au Portugal s'est engagée dimanche, en cas de victoire aux législatives du 5 juin, à "aller bien au delà" des exigences fixées par l'UE et le FMI dans le cadre du plan d'aide de 78 milliards d'euros négocié avec le gouvernement socialiste démissionnaire.

Le Parti social-démocrate (PSD) "respectera intégralement les objectifs de l'accord conclu avec la +troïka+" (Commission européenne, FMI, BCE), a réaffirmé son président Pedro Passos Coelho, lors de la présentation de son programme électoral devant le conseil national du parti.

Toutefois, "le futur gouvernement doit pouvoir procéder à des ajustements concrets", a-t-il estimé, prônant notamment une diminution plus importante du "poids excessif de l'Etat" dans l'économie et la société.

Le plan d'aide, qui doit être entériné par les ministres européens des Finances à la mi-mai, prévoit le versement au Portugal de prêts de 78 milliards d'euros en échange d'une cure de rigueur et de réformes structurelles visant à ramener le déficit public de 9,1% du PIB l'an dernier à 3% en 2013.

"Notre programme va bien au delà de l'accord", a affirmé M. Passos Coelho, qui a, en particulier, promis de réduire le nombre de fonctionnaires en remplaçant un départ sur cinq, contre un sur deux prévu par le plan d'aide.

Il s'est aussi engagé à mettre en place un gouvernement restreint de dix ministres, à réduire de 50% le nombre de conseillers et à ramener le nombre de députés au Parlement de 230 à 181.

Les sociaux-démocrates veulent également élargir le programme de privatisations prévu par l'accord avec la "troïka", en y ajoutant le groupe Aguas de Portugal (assainissement et distribution d'eau), la branche santé du groupe Caixa Geral de Depositos, une partie de l'audiovisuel public ainsi que l'agence de presse Lusa.

Pour renforcer la compétitivité de l'économie et promouvoir l'emploi, le PSD prône une "diminution du coût du travail" par une baisse des charges patronales, "compensée" par d'"autres impôts", ainsi qu'une réforme du code du travail introduisant plus de flexibilité.

"Nous voulons aussi aller plus loin dans la justice, les politiques sociales, la sécurité sociale, l'éducation", a assuré M. Passos Coelho, qui s'est notamment dit partisan du "libre choix" en matière d'école et de santé, rejetant tout "préjugé entre le public et le privé".

Au plan social, le PSD prône un "programme d'urgence" face à la pauvreté, donnant la priorité à l'action des collectivités locales et des associations de solidarité.

A quatre semaines des législatives anticipées, provoquées par la démission du Premier ministre José Socrates après le rejet de son programme d'austérité, PSD et PS sont au coude-à-coude dans les sondages, aucun parti n'étant en mesure de recueillir une majorité absolue.

Dimanche, M. Passos Coelho a exclu tout accord de coalition avec les socialistes. Se disant prêt à s'"entendre avec d'autres partis, aussi à gauche", il a affirmé qu'il ne ferait "pas de gouvernement avec le Parti socialiste".