Réforme de la dépendance: Les pistes de financement écartées une à une

SENIORS Le gouvernement ne voudrait pas d'une deuxième journée de solidarité...

Elsa Meyer

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Aide à domicile chez des personnes âgées.
Aide à domicile chez des personnes âgées. — LE MOINE MICHEL/SIPA

Nicolas Sarkozy doit rendre ses arbitrages en juillet sur la réforme de la dépendance. Mais le casse-tête financier est toujours difficile à résoudre en cette période d’austérité.

Et à quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement exclut une à une les pistes de financement pour éviter de se mettre à dos une partie de l’opinion publique.

Combien faut-il trouver?

En 2010, 34 milliards d’euros ont été dépensés pour financer la prise en charge des personnes âgées, selon une note de l'un des groupes de travail ministériels sur la dépendance: 10 milliards d’euros viennent des familles et 24 milliards d’euros des pouvoirs publics.

Le ministre du Budget, François Baroin, avait indiqué en novembre dernier que la réforme de la dépendance devrait coûter 30 milliards d’euros, un chiffre similaire à celui de la réforme des retraites. Tout dépendra cependant  de l'échéance et des projections démographiques retenues.

Certaines hypothèses tablent ainsi sur un besoin supplémentaire de 10 milliards d’euros par an d’ici à 2035.

Quelles sont les pistes écartées?

Nicolas Sarkozy ne veut pas entendre parler d’une deuxième journée de solidarité, comme l’avaient suggéré les sénateurs, selon des informations publiées mercredi par Le Parisien. La première, créée en 2003 après la canicule, rapporte pourtant plus de 2 milliards d’euros par an.

Exclue également une hausse de la CSG sur les pensions de retraites ainsi qu’un recours accru aux assurances privées. Les Français y sont en majorité défavorable et la mesure ne serait efficace qu’au bout d’un certain nombre d’année, une fois les sommes mises de côté suffisantes.

Le gouvernement ne veut pas non plus toucher aux droits de succession, déjà augmentés pour financer la réforme de l’ISF.

Quelles sont les options restantes?

Les options encore sur la table ne sont plus très nombreuses.

Une des solutions privilégiée par le gouvernement serait de permettre la sortie des contrats d’assurance vie en «rente-dépendance». En clair, les retraités pourraient transformer leur épargne accumulée en rente jusqu’à leur décès. A eux donc d’arbitrer entre assumer financièrement leur dépendance ou léguer cette somme à leurs héritiers.

La mesure ne devrait cependant ramener qu’un milliard d’euros par an. A côté, le gouvernement réfléchit donc à supprimer une niche fiscale sur le capitale ou le patrimoine. Mais reste à choisir laquelle.