L'emploi souffre toujours des conséquences de la crise économique

CHÔMAGE a récession l'a pourtant moins touché que prévu...

Elsa Meyer

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Une agence Pôle Emploi à Paris en 2010.
Une agence Pôle Emploi à Paris en 2010. — FRANCOIS MORI/AP/SIPA

L’Insee a publié mercredi une étude sur l’emploi et les salaires en France. Elle revient notamment sur les conséquences paradoxales de la crise économique sur le marché du travail.

Si la récession a relativement moins touché l’emploi qu’attendu, celui-ci peine toujours à se remettre alors que la croissance est repartie.

Destructions d’emplois

Le marché du travail a connu en 2009 sa pire période depuis l’après-guerre. Au total, 248.000 emplois ont été détruits après 151.000 postes perdus en 2008.

Mais «au regard de la chute de l’activité économique observée en 2009, ce repli de l’emploi se révèle, en fait, inférieur à ce que l’on aurait pu prévoir», explique l’Insee.

Intérim et chômage partiel

Car la valeur ajoutée a diminué de 5,3%, contre 2,5% pour l’emploi marchand. Le recul de la croissance aurait donc pu entraîner des destructions d’emplois bien plus importantes si les entreprises n’avaient pas massivement utilisé l’intérim comme variable d’ajustement.

En pleine crise économique, elles ont surtout supprimé leurs contrats intérimaires, qui ont fondu de 35% entre 2008 et 2009, plutôt que leurs emplois stables.

Les employeurs ont en outre aussi eu recours à du temps partiel, une annualisation du temps du travail et du chômage partiel pour éviter de détruire trop de postes.

Chômage

Mais si ces derniers ont été relativement préservés pendant la crise, ce sont eux qui ont le plus de mal à repartir depuis.

Car la légère baisse du chômage ces derniers mois s’explique avant tout par le retour des embauches en intérim ou en CDD. «Ce sont donc les formes d’emploi les plus flexibles qui sont à l’origine du redémarrage de l’emploi, alors que les emplois stables continuent de subir les effets de la crise», résume l’Insee.

Même si beaucoup restent sceptiques, le gouvernement compte faire descendre le taux de chômage en-dessous de la barre des 9% cette année.

Ce dernier a baissé pour le troisième consécutif en mars (-0,8%) mais reste très élevé. Catégories A, B et C confondues, 4 millions de personnes étaient ainsi au chômage fin mars en France métropolitaine, soit une hausse de 0,7% sur un an.

Salaires en berne

Cette dégradation du marché du travail pèse sur les évolutions de salaires. Depuis 2009, les entreprises ont ainsi joué sur les négociations des rémunérations pour contenir la masse salariale.

En prenant en compte l’inflation, le salaire moyen par tête du secteur marchand non agricole n’a ainsi augmenté en moyenne que de 1,2% en euros constants en 2009 et 2010, d’après les chiffres de l’Insee.