Un terminal méthanier pour Dunkerque, un an après la fermeture de Total

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Le président Nicolas Sarkozy a annoncé mardi la construction d'un terminal méthanier à Dunkerque, un projet initié en 2006 par EDF et plusieurs fois reporté, qui doit créer des emplois dans une agglomération frappée par la fermeture de la raffinerie Total.

En pleine polémique sur l'arrêt l'an dernier de la raffinerie Total à Dunkerque, qui représentait 820 emplois directs et indirects, le gouvernement avait promis en 2010 le lancement d'un terminal méthanier, présenté comme une compensation industrielle.

Annoncé d'abord avant l'été 2010, puis avant la fin de l'année 2010, le projet d'EDF - dans lequel le pétrolier Total a une participation de 10% - tardait à se concrétiser, alimentant les doutes sur sa réalisation.

"J'avais promis à Dunkerque et à ses élus que nous ferions un investissement majeur, et c'est aujourd'hui que j'ai l'occasion d'annoncer l'installation du terminal", a déclaré Nicolas Sarkozy, en visite à Gravelines.

Il a également indiqué que Total allait développer des activités à Dunkerque, avec l'implantation d'une filière pour les biocarburants de deuxième génération.

Le terminal, dont l'exploitation à partir de fin 2015 doit créer 200 emplois directs et indirects, constitue une bonne nouvelle pour le bassin d'emplois dunkerquois - 250.000 habitants -, qui souffre d'un taux de chômage de 12%.

Quelque 1.850 personnes seront mobilisées pendant les travaux, entre 2012 et 2015.

Pour Patrick Kanner, président socialiste du conseil général du Nord, le terminal est également crucial pour l'image du port.

Le projet, sur lequel travaillent depuis cinq ans les collectivités locales nordistes et qui, selon M. Kanner, n'est donc "pas lié à la fermeture de Total", représente "un levier". "On peut imaginer que viennent s'y greffer d'autres industries", a-t-il déclaré à l'AFP.

Pour Marc-Philippe Daubresse, député-maire UMP de Lambersart, près de Lille, le président de la République "a redonné à une région qui souffre des raisons d'espérer".

Seule voix discordante, avec celle de certains écologistes, la CGT a dénoncé "la visite éclair dans notre Dunkerquois" du président de la République. "Tout le monde le sait: il est en campagne pour sa réélection", a ironisé le syndicat.

A ce jour, 17 terminaux méthaniers sont en service en Europe, dont trois en France (un à Montoir-de-Bretagne, et deux à Fos-sur-Mer). Ces ports sont spécialisés dans l'accueil de navires méthaniers et dans la regazéification, par réchauffage, du gaz naturel liquéfié (GNL) qu'ils transportent.

Celui de Dunkerque représentera 1,5 milliard d'euros d'investissement, pour "une capacité annuelle de regazéification de 13 milliards de mètres cubes de gaz", soit 20% de la demande gazière française.

Il pourra accueillir 80 navires méthaniers par an et comptera une unité de regazéification, ainsi que trois réservoirs de stockage de GNL d'une capacité de 190.000 mètres cube chacun.

Trois maîtres d'ouvrage sont associés au projet: le grand port maritime de Dunkerque, EDF, et GRTgaz, qui posera les canalisations permettant d'évacuer le gaz ramené à l'état gazeux et les reliera au réseau de transport.

Afin de compenser l'impact du terminal méthanier sur l'environnement, le département du Nord a décidé de consacrer 65 hectares d'espaces littoraux (des dunes et marais) pour accueillir plusieurs espèces d'oiseaux (sternes et gravelots, notamment) qui vivent actuellement sur le site du chantier.