Affaire Renault: Les petits actionnaires veulent tourner la page

ECONOMIE Et ils espèrent surtout que le groupe va rebondir rapidement...

T.S.

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Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan en avril 2010 à Bruxelles.
Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan en avril 2010 à Bruxelles. — MEIGNEUX/SIPA

Ils sont arrivés en ordre dispersé, beaucoup tenant dans la main leur carton d'invitation. Les petits actionnaires de Renault, ceux qui détiennent entre une dizaine et quelques centaines de titres, se sont pressés ce vendredi à l’assemblée générale du groupe, au Palais des Congrès, Porte Maillot à Paris.

«Dramatique»

Après le fiasco de la fausse affaire d’espionnage industriel, les actionnaires doivent voter de quatorze résolutions, concernant la direction et la stratégie du groupe. Proxinvest, le cabinet qui conseille les petits porteurs, ainsi que le syndicat CFDT, ont appelé à voter contre plusieurs d'entre elles, notamment celles qui fixent les jetons de présence recompensant les administrateurs du groupe. Et ils pourraient bien faire pencher la direction sur plusieurs résolutions, puisque ces centaines de petits actionnaires détiennent tous ensemble 63% des titres de l'entreprise.

Danielle E, salariés et actionnaire, ne mâchait pas ses mots à quelques minutes du début de l’assemblée générale. «L’affaire a été dramatique. Je vais voter contre toutes les résolutions pour faire entendre ma voix», a-t-elle martelé à 20Minutes.

Pourtant, si tous pointent du doigt les dysfonctionnements dans l’affaire, ils ne veulent pas empêcher Renault de rebondir. «Mon vote est avant tout symbolique car il faut maintenant que Renault continue à fabriquer des voitures», expliquait par exemple Danielle.

Carlos Ghosn

Et si plusieurs petits actionnaires estiment que Carlos Ghosn aurait dû partir, aucun ne souhaite aujourd’hui le punir. «Le PDG aurait dû quitter le navire mais c’est du passé à présent», affirme Stéphane, détenteur de 100 actions, qui est surtout venu pour connaître la politique du groupe en matière de dividendes. Contrairement à l'exercice précédent, l'entreprise devrait verser un dividende de 0,30 euro par action.

Laurent, au contraire, ne veut «jeter la pierre à personne. L’affaire a été un épiphénomène, une erreur d’entreprise. Je suis là pour savoir comment le groupe va redresser la barre», explique-t-il à 20Minutes.

Car c’est surtout sur sa stratégie à venir que Carlos Ghosn est attendu au tournant. «L’affaire est derrière nous. Renault doit aujourd’hui expliquer comment il compte approfondir son partenariat avec Nissan. Je ne garderai mes actions dans le groupe que si j’ai une réponse satisfaisante à cette question», conclut Bertrand, Blackberry à la main, avant de s’élancer dans la salle de réunion.