Revenus et patrimoine: Les 5 chiffres de l'inégalité entre les Français

ECONOMIE L'Insee a publié jeudi son rapport...

Elsa Meyer

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Des chèques.
Des chèques. — JAUBERT/SIPA

L’Insee a publié jeudi une étude sur les revenus et patrimoine des Français entre 1996 et 2008. Et le constat est sans appel: les inégalités continuent de se creuser. 20Minutes fait le point sur certaines d’entre elles.

Une personne sur deux gagne moins de 1.580 euros par mois

En 2008, le salaire médian était de 1.580 par mois pour une personne vivant dans un ménage en France métropolitaine, soit 19.000 euros par an.

En 2008, les 10% de personnes les plus aisées disposaient d'un niveau de vie (revenus disponibles moins impôts) supérieur à 35.550 euros par an. Il était en revanche inférieur à 10.520 euros pour les 10% les plus modestes. 

Mais alors que le niveau de vie médian augmentait de 5% par an en moyenne entre 1997 et 2001, la hausse n’est que d’1,6% depuis 2002.

Le niveau de vie des plus aisés progresse, celui des plus modestes stagne

Depuis 2004, le niveau de vie des ménages les moins riches stagne. Celui des plus aisés progresse au contraire sous l’effet de la hausse des revenus du patrimoine. Ces derniers ont ainsi grimpé en moyenne de 11% par an.

Résultat, le ratio de richesses détenues par les 20% les plus aisés et celles détenues par les 20% les plus modestes a augmenté de 4 à 4,3 entre 1996 et 2008.

6% des ménages ne possèdent aucun patrimoine privé

En 2010, les ménages étaient 94% à détenir un patrimoine privé, qu’il s’agisse d’actifs financiers, comme un livret d’épargne, un produit d’assurance-vie ou des actions; ou de biens immobiliers.

6% des ménages ne possédaient en revanche aucun patrimoine privé, un chiffre stable depuis 2004.

Une situation qui s’explique par la faiblesse des revenus et par le fait de n’avoir reçu aucun héritage ou donation. Les parents de ces ménages ne détenaient d’ailleurs souvent eux-mêmes aucun patrimoine privé.

Les locataires les plus modestes consacrent près de 50% de leurs revenus à leur logement

Entre la hausse des prix des loyers et des m2, le coût du logement pour les ménages a nettement augmenté depuis 1984.

Sans prendre en compte les aides au logement, le taux d’effort brut médian est ainsi d’un peu plus de 20% des revenus pour l’ensemble des ménages. Mais il dépend étroitement du niveau de ressources et de la situation immobilière.

Pour les locataires du secteur privé, les 25% des ménages les plus modestes ont ainsi un taux d’effort brut médian de 48% contre 24% pour le quart des ménages les plus aisés.

Tous ménages confondus, les locataires du secteur privé consacrent plus de 35% de leurs revenus à leur logement contre moins de 15% pour les propriétaires non accédants.

Les enfants d'immigrés ont un niveau de vie inférieur de 14%

Le niveau de vie annuel moyen d'un descendant d'immigrés s'élevait à 19.570 euros en 2008, soit 14% en dessous de celui des Français de parents nés français (22.810 euros).

Une situation qui s’explique par la jeunesse relative des descendants d'immigrés et par le fait qu’ils connaissent plus souvent une période de chômage.

En raison de l’ancienneté de l’immigration selon l’Insee, l'écart de niveau de vie par rapport aux Français de parents nés français n'est que de 1% pour un descendant d'un parent originaire d'un pays européen. Il grimpe à 30% quand la mère ou le père ont émigré d’un pays d’Afrique.