michèle, 70 ans, La retraite et 37 000 € de dettes

gilles wallon

— 

Michèle* est tombée dans le surendettement « sans jamais rien s'acheter de cher ». Pas de vêtements ni de voyages, mais « de très bonnes études » pour ses trois enfants, un avocat pour son divorce, les traites de son appartement, sa mutuelle. Aujourd'hui, cette Strasbourgeoise de 70 ans doit « 37 000 € » à ses créanciers. Comme elle, au moins 900 000 ménages français sont surendettés. Ce chiffre augmente tous les ans de 200 000 foyers, a averti hier la Banque de France, seule institution qui peut geler les dettes et établir des « plans de sortie » pour les familles en crise.

« On ne sait plus où on en est »
Les nouveaux surendettés sont souvent des personnes âgées, qui empruntent pour aider leur famille. Pour Michèle, tout a commencé par des crédits renouvelables, il y a dix ans. « On emprunte 2 000 €, mais dès qu'on commence à rembourser, on peut emprunter 8 000. Très vite, on ne sait plus où on en est. » Avec sa retraite, ses revenus chutent. « J'ai dû réemprunter pour équilibrer mes comptes. Mes intérêts continuaient d'augmenter. » Acculée, Michèle appelle Cresus, une association d'aide au surendettement, qui l'aide à contacter la Banque de France. « Aujourd'hui, mes dettes sont gelées. On va me proposer un plan de remboursement. Je ne baisse pas les bras, mais j'ai peur de vendre mon appartement et de devoir chercher une location. Je suis trop vieille pour ça. »

nombre inconnu

Si les surendettés sont au moins 900 000, leur nombre exact reste inconnu. « La Banque de France compte ceux qui ont déposé un dossier, rappelle Jean-Louis Kiehl, de l'association Cresus. Mais des millions de familles sont en train de perdre pied. »