Le moral des ménages peine à remonter malgré la reprise

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Le faible moral des ménages en France, resté stable en avril, peine à remonter malgré la reprise et le pessimisme des Français s'accroît même, concernant leur niveau de vie et du chômage, a annoncé mercredi l'Institut national de la statistique (Insee).

Après la baisse enregistrée en mars, l'indicateur de la confiance des ménages français demeure, à 83 points, très en-deçà de sa moyenne de longue période établie à 100 points.

"C'est un chiffre particulièrement faible", relève l'économiste Alexander Law, du cabinet d'études Xerfi, jugeant le moral des ménages toujours "très dégradé".

Dans le détail, la bonne nouvelle vient de l'opinion des Français sur leurs perspectives financières personnelles, dont l'indice remonte de deux points, tout en restant faible. En revanche, l'opinion sur la situation financière passée baisse d'autant.

L’opportunité de faire des achats importants est stable. Parallèlement, le moment est jugé plus favorable qu'en mars pour épargner (+6 points, nettement au-dessus de la moyenne de longue période), ce qui risque de nuire à la consommation.

"Nous ne pouvons qu'anticiper un freinage des dépenses des ménages au cours des prochains mois, après un début d'année somme toute convenable", explique Alexander Law, énumérant les "motifs d'inquiétude": créations d'emplois "anémiques", mesures d'austérité budgétaire, flambée des prix.

Toutefois, s'ils considèrent que l'inflation a augmenté ces derniers temps (+12 points), les craintes des Français face à une ultérieure flambée des prix, très fortes en mars, s'apaisent quelque peu en avril (-9 points), même si elles restent vives.

Interrogés sur le contexte économique général de la France, les ménages se montrent globalement encore plus pessimistes qu'en mars sur le niveau de vie passé et futur (-2 points), et sont plus nombreux à s'attendre à une augmentation du chômage (+1 point).

"Pour l'heure, la croissance est trop faible et la prudence des entreprises trop forte pour anticiper un net regain des embauches", constate Alexander Law.