Japon: Un mois et demi après Fukushima, les expatriés français ne sont pas tous revenus

NUCLEAIRE Les activités des entreprises françaises ont repris, mais en s’adaptant à cette diminution de personnel…

Guillaume Boulord

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Les lumières de la ville sont éteintes dans le quartier de Ginza pour économiser l'électricité à Tokyo, Japon, le 14 mars 2011.
Les lumières de la ville sont éteintes dans le quartier de Ginza pour économiser l'électricité à Tokyo, Japon, le 14 mars 2011. — JIJI PRESS / AFP

Un mois et demi après le tremblement de terre japonais, les expatriés rentrés en France ne sont pas tous revenus. Si la présence française ne s’est pas réduite comme peau de chagrin, elle a clairement diminué. «Beaucoup de travailleurs français rentrés dans l’hexagone après le séisme sont revenus. Mais il en manque suffisamment pour que cela se voie, regrette Nicolas Bonnardel, le directeur de la Chambre de commerce et d’Industrie française au Japon (CCIFJ). Ils hésitent encore, particulièrement ceux qui ont des familles. Alors que dans les entreprises américaines, par exemple, aucun employé ne manque à l’appel.» Il déplore l’attitude des médias: «le ton catastrophiste des informations n’encourage pas au retour».

«Sur la base du volontariat»

Deux semaines après le tremblement de terre, 80% des entreprises avaient tout de même retrouvé une situation normale, assure la CCIFJ. Les entreprises françaises implantées au Japon le sont essentiellement à Tokyo et au sud de l’Archipel, les zones les moins touchées du pays par la radioactivité. «Dans  les jours qui ont suivit les premiers incidents à Fukushima, nous avons eu beaucoup de questions sur la radioactivité, précise Nicolas Bonnardel. Nous avons organisés des colloques sur la question.»

Seules trois entreprises ont fermé leur succursale japonaise sur 600 présentes dans le pays, selon la CCIFJ. Mais les autres ont été obligées de s’adapter. A Air France, les vols Paris-Tokyo et Paris-Osaka sont assurés sur la base du volontariat jusqu’à la fin avril. Il y a une semaine encore, les avions s’arrêtaient le minimum de temps possible à l’aéroport de Tokyo-Narita, afin de protéger l’équipage. Chaque appareil embarque deux dosimètres, afin de mesurer la radioactivité sur place.

Concerts annulés

L’UNAC, le principal syndicat du personnel naviguant de l’entreprise, tient à rappeler que les stewards et hôtesses de l’air ont la possibilité d’exercer un droit de retrait, s’ils «ressentent une déficience quelconque de nature à lui faire croire qu'il ne remplit pas les conditions d'aptitude nécessaires à l'exercice de ses fonctions». Ce mardi après-midi, une réunion a lieu pour connaître le dispositif mis en place à partir de mai. «Cela se fera certainement sur la base du volontariat (comprenez: se désiste qui veut)», explique Jean-Marc Quattrochi, le secrétaire général de l’UNAC.

Le monde de la culture est lui aussi impacté. L’Institut français de Tokyo, insiste sur la venue d'artistes en soutien, comme Jane Birkin, venue par ses propres moyens pour faire un concert caritatif. «Des manifestations ont été annulés à la suite du tremblement de terre, parce que notre immeuble avait connu quelques dégâts. Mais aujourd’hui, la plupart des artistes assurent leurs concerts», assure l’Institut. Dans les faits, certains artistes inquiets ont annulés leur venue sur l’archipel nippon. Le groupe marseillais IAM, qui devait jouer le 19 mai à Tokyo, a annulé son concert.