Economie: Les sujets de tensions entre la France et l'Italie

ÉCONOMIE 'Italie craint les OPA des entreprises françaises...

Thibaut Schepman

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Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi sur le perron de l'Elysée, le 19 mars 2011, à Paris.
Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi sur le perron de l'Elysée, le 19 mars 2011, à Paris. — T.COEX / AFP

Il y a seulement un mois, interrogé par un journaliste italien, Nicolas Sarkozy reconnaissait en riant qu’il ne connaissait rien au dossier «Parmalat». Ce temps est révolu, puisque ce dossier fait partie des sujets de tension entre les deux pays. Il était au menu des discussion lors de la réunion entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi ce mardi. Le point sur les frictions économiques entre les deux pays.

OPA et acquisitions

C’est d’abord le géant français du luxe LVMH qui a annoncé au début du mois de mars dernier le rachat du joaillier italien Bulgari. Dans le même temps, EDF discutait avec les actionnaires italiens d'Edison pour parvenir à un accord sur le contrôle de l'électricien, et Groupama tentait de prendre une part de la holding financière Premafin. Cette dernière tentative a échoué. Mais quelques jours plus tard, c’est au tour du laitier français d’acquérir un tiers du capital de l’italien Parmalat.

Contre-attaque

Le gouvernement italien a donc décidé de contre-attaquer, et de protéger ses fleurons industriels. Une semaine seulement après l’initiative de Lactalis, il adopte en conseil des ministres un texte pour limiter les rachats de sociétés italiennes par des groupes étrangers. Les secteurs stratégiques concernés sont l'alimentation, les télécommunications, l'énergie et la défense. Le ministre de l'Economie Giulio Tremonti, reconnaissait même que la mesure vise directement la France, et que les mesures de protectionnisme économique sont similaires à celles employées dans l'Hexagone.

>>  Les grandes manœuvres de la France pour empêcher le rachat de ses fleurons industriels, lire l’article de 20minutes.fr

Les investisseurs étrangers qui désirent acquérir des groupes italiens devront notamment obtenir le feu vert du gouvernement 60 jours à l'avance et la Consob, le régulateur italien des marchés, aura enfin le pouvoir de demander des précisions en cas d'offre potentiellement hostile, tout comme son équivalent français, l'Autorité des marchés financiers (AMF). Enfin la Caisse des dépôts s’est portée acquéreur de l’entreprise pour compliquer la tâche de Lactalis.

Enlisement du conflit?

Des «changements législatifs» qui n'ont pas fait reculer Lactalis. L'entreprise a même hâté le mouvement, et a lancé son OPA dès ce mardi, selon le communiqué de l’entreprisei. Pour faire passer la pilule, Nicolas Sarkozy a lui rappelé mardi midi en conférence de presse devant Silvio Berlusconi que la France soutiendrai un italien, Mario Draghi, dans sa candidature à la présidence de la Banque centrale européenne, et que des conseillers des gouvernements français et italien tenteront de trouver un rapprochement entre Lactalis et Parmalat.