la vente commissionnéelessive l'électroménager

Gilles Wallon

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Une pression sur les vendeurs.
Une pression sur les vendeurs. — CHAMUSSY / SIPA

Attention à la vente commissionnée. Très répandue dans l'électroménager, cette pratique – un bonus versé à l'employé qui écoule un certain produit – a toujours été critiquée par les associations de consommateurs. Désormais, les vendeurs s'y mettent aussi. Dans les sections syndicales de Darty ou de Boulanger, beaucoup dénoncent une pression insupportable, qui dégrade fortement leurs conditions de travail, et les empêche de parfaitement conseiller le client.

Salariés épuisés
Pour un vendeur d'électroménager, la part des commissions (sur un produit ou ses périphériques) peut représenter la moitié, voire plus, du salaire mensuel. « Cela tourne entre 500 et 700 € par mois, pour un salaire fixe compris entre 1 000 et 1 300 € », détaille ainsi Joseph*, conseiller photo à la Fnac Lyon Bellecour. Dans certaines enseignes, la base fixe est établie en dessous du smic. Si l'employé n'atteint pas le seuil avec ses commissions, la direction mettra la main à la poche. « On nous met la pression sur les services et les extensions de garantie, avec des mails plusieurs fois par jour, des objectifs chiffrés, des tableaux de résultats », poursuit un autre vendeur de la Fnac.
Avec de tels « incitatifs » à augmenter son salaire, la mission d'écoute et d'expertise du vendeur passe parfois au second plan. Une situation paradoxale, alors que les clients viennent chercher en magasin les conseils qu'ils ne trouvent pas sur Internet. « La question n'est pas de savoir si l'on peut faire confiance aux vendeurs, mais plutôt s'ils peuvent vraiment pratiquer leur métier, estime Pierrick Villette, responsable syndical de la CGT Darty-Ile-de-France. On a des compétences, mais on ne peut pas les utiliser. » Ces méthodes de vente, nocives pour les clients, semblent épuiser les salariés. « On a un turnover de 25 %, presque aussi haut que dans la restauration rapide », poursuit Pierrick Villette.