La prime va «diviser les salariés» pour François Chérèque

EMPLOI La CFDT s'oppose au dispositif...

© 2011 AFP
— 
P. Wojazer/ Reuters

Comme les autres syndicats et le patronat, le leader de la CFDT, François Chérèque, n'est pas convaincu par la prime obligatoire que le gouvernement veut mettre en place. 

Il a qualifié jeudi le dispositif d'«erreur» qui allait «diviser les salariés», limiter les hausses de salaire, tout en étant un «cadeau» au patronat.

Nombreux déçus

En annonçant cette prime, le gouvernement a créé «beaucoup d'espoir», mais «il y aura beaucoup de déçus», a affirmé le numéro un de la CFDT sur LCI.

«Regardez l'écart (...) D'une prime de 1.000 euros pour les entreprises qui font des bénéfices, nous passons à une prime dont le montant n'est pas défini, qui va falloir négocier, dans les entreprises de plus de 50 salariés», a-t-il fait valoir.

«On va diviser les salariés entre eux" et "il faut ne pas connaître les négociations d'entreprise pour faire une erreur de ce type», a poursuivi François Chérèque.

Selon lui, dans une entreprise «qui va se voir imposer une prime sur laquelle elle ne paiera pas d'impôt sur les sociétés, moins de charges, il y aura moins d'augmentation de salaires, plus de prime».

Salarié et entreprise

«Celui qui va y perdre, c'est le salarié, par contre pour l'entreprise, ce sera un cadeau, un effet d'aubaine», a-t-il dénoncé.

Cette disposition, arbitrée mercredi soir à l'Elysée, est «une catastrophe, en particulier pour les salariés des petites entreprises», alors que «le patronat s'en sort bien», a-t-il insisté.

Selon François Chérèque, «le gouvernement a d'autres moyens d'agir», comme «donner un coup de pouce au smic».