Airbus France: la direction propose une hausse de 3% de la masse salariale

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La masse salariale chez Airbus France devrait augmenter de 3% en 2011, selon les propositions de la direction présentées mercredi et jugées "satisfaisantes" par le syndicat majoritaire Force Ouvrière, a-t-on appris de sources syndicales.

Lors de la séance de négociations annuelles, la direction a également relevé à 800 euros une prime payable en mai et destinée à compenser la faiblesse de l'intéressement et de la participation (600 euros en moyenne par salarié).

L'accord concerne les 20.000 salariés d'Airbus en France: c'est-à-dire 14.500 employés des usines de Toulouse (12.000 environ), de Nantes et de Saint-Nazaire ainsi que les 5.500 du siège social de Blagnac (banlieue de Toulouse).

Les négociations 2011 ont commencé le 11 avril sur la base d'un relèvement de 2,5% de la masse salariale et d'une prime de 500 euros, proposés par la direction.

FO doit encore consulter sa base. Mais, selon son délégué syndical central Jean-François Knepper, "c'est un des meilleurs accords obtenus dans l'industrie au niveau national. Sans conflit, par la négociation on a obtenu quelque chose qui tient la route".

Le syndicat des cadres CFE-CGC, deuxième organisation de l'entreprise avec 21% des voix contre 46% à FO, s'est dit "partagé sur les propositions".

La CGT, minoritaire (10,3% des voix), qui n'a jamais signé les accords salariaux, va consulter sa base: "rien n'est exclu" a déclaré son délégué Xavier Petrachi.

On est loin de la mobilisation syndicale d'avril 2010. Les cinq syndicats (FO, CFE-CGC, CGT, CFDT, CFTC), unis comme rarement, s'étaient engagés dans une importante grève d'une semaine face à une proposition de la direction, jugée "provocatrice", d'une hausse de +1,9% de la masse salariale. Les syndicats demandaient +3,5% et avaient finalement obtenu +2,5%.

Les dernières propositions, qui doivent être ratifiées d'ici au 2 mai, comprennent pour les non-cadres une augmentation générale de 1,4% rétroactive au 1er janvier et des augmentations individuelles représentant 1,6% de la masse salariale (+0,8% en janvier, +0,8% en juin). Pour les cadres, toutes les augmentations sont individuelles et représentent 3% d'augmentation de la masse salariale.

"Au-delà du chiffre lui-même, les avancées principales sont que les augmentations ont un effet rétroactif au premier janvier et qu'il y aura une clause de rendez-vous en fin d'année pour garantir le pouvoir d'achat de ceux qui n'auront pas eu d'augmentation individuelle", a expliqué le délégué FO.

"Avec +3%, les propositions 2011 rencontrent une partie de nos revendications, il reste à analyser le détail", indique Françoise Vallin, déléguée syndicale centrale de la CFE-CGC.

Elle explique ses réserves en soulignant "qu'il n'y a pas de véritable clause de garantie du pouvoir d'achat des cadres". "Nous regrettons aussi une prime égale pour tous. L'égalité n'est pas l'équité. Ces 800 euros représentent bien plus pour un ouvrier que pour un cadre", remarque-t-elle.

A la CGT, Xavier Petrachi réclamait 3,5% comme en 2009, mais relève qu'on "est finalement au-dessus de ce qui a été accordé en 2010".

La CGT a organisé quelques débrayages dans les usines françaises pendant les négociations, notamment à Nantes mercredi matin.

Pour M. Petrachi, "l'augmentation générale des non-cadres (+1,4%) est loin de couvrir le relèvement du SMIC (2%)". Son appréciation des propositions concernant les cadres est moins défavorable: "Un pas est fait vers une augmentation générale car ceux d'entre eux qui n'ont eu aucune aucune augmentation individuelle pourront bénéficier de la clause de rendez-vous en fin d'année", estime-t-il.