NicOx renonce à demander la mise sur le marché du naproxcinod en Europe

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NicOx a annoncé mercredi le retrait de sa demande de mise sur le marché en Europe pour son potentiel traitement contre l'arthrose naproxcinod, un énième coup dur pour ce qui devait être le médicament-phare de la société de biotechnologie niçoise.

"La décision de retirer le dossier européen a été prise après que le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) a indiqué, lors de sa réunion (...) du mois d'avril, qu'il n'adopterait pas un avis officiel positif sur la base des informations soumises", explique la biotech dans un communiqué.

"NicOx a notifié à l'EMA (Agence européenne des médicaments) sa décision de retirer le dossier de demande d'AMM du naproxcinod, compte tenu de l'évaluation du CHMP selon laquelle les données fournies ne permettent pas de conclure à un rapport bénéfice-risque positif", détaille-t-elle.

Le coup est rude pour le naproxcinod, qui avait déjà essuyé en juillet dernier un rejet des autorités sanitaires américaines (FDA).

Et si NicOx rappelle mercredi qu'elle a décidé de faire appel de la décision de la FDA, "les chances de succès (de cet appel) sont minimes", soulignent les analystes d'Aurel BGC.

Conséquence directe de cette annonce, le titre NicOx a chuté lourdement en Bourse: vers 11H30, il perdait 19,46% à 1,84 euro, dans un marché en hausse de 2%. Echaudés par les déconvenues successives sur le naproxcinod, les investisseurs ont fait payer depuis plusieurs mois un lourd tribut à NicOx: depuis janvier 2010, l'action a perdu près de 70% de sa valeur.

"Nous attendions un échec du naproxcinod en Europe. Cette nouvelle n’est donc pas une surprise. Le titre devrait être sous pression aujourd’hui (mercredi, ndlr) car certains investisseurs avaient encore quelques espoirs", note Aurel BGC.

Pour NicOx, l'aventure du naproxcinod commence à ressembler à un long chemin de croix. Et dans le secteur des biotechs, où les sociétés attendent souvent plusieurs années avant d'avoir des revenus directs grâce à une molécule issue de leur recherche, l'échec d'un premier médicament peut être lourd de conséquences.

Le rejet du naproxcinod aux Etats-Unis avait d'ailleurs poussé NicOx à supprimer la moitié de ses effectifs de son siège de Sophia Antipolis, près de Nice --soit une trentaine d'emplois.

"NicOx évalue désormais différentes options pour le potentiel développement ultérieur du naproxcinod en Europe, avec l'assistance de ses consultants et de Grupo Ferrer Internacional, société qui dispose d'une option sur les droits du naproxcinod dans certains pays européens", assure mercredi la biotech.

La société avait annoncé en mars un accord avec ce groupe espagnol, mais celui-ci pourrait également devenir rapidement caduc, puisqu'il était soumis à l'approbation du naproxcinod en Europe.

NicOx rappelle toutefois avoir d'autres molécules en cours de développement, dont un traitement du glaucome (maladie de l'oeil pouvant conduire jusqu'à la cécité) en partenariat avec l'américain Bausch & Lomb.

Mais ces traitements potentiels sont à un stade de développement bien moins avancé que ne l'est le naproxcinod.

Seule satisfactgon pour la biotech : elle pouvait compter au 31 décembre sur 107,3 millions d'euros de trésorerie, le nerf de la guerre pour les jeunes sociétés innovantes.

NicOx est spécialisé dans l'utilisation à des fins thérapeutiques de dérivés de l'oxyde nitrique, une substance dont l'insuffisance dans l'organisme pourrait être à l'origine de nombreuses pathologies.