Portugal: L'industrie textile ne tient plus qu'à un fil

CRISE Ce secteur clé de l'activité du pays cherche à se réinventer...

Gilles Wallon

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Le secteur souffre de la concurrence.
Le secteur souffre de la concurrence. — P. DUARTE / AP / SIPA

De notre envoyé spécial à Porto

A Porto et dans sa région, les usines de textile se battent contre la crise. Le secteur du vêtement, ancien fleuron de la pro­duction portugaise, a été très frappé par l'arrivée massive des produits chinois ou indiens sur le marché européen. Pour résister, il faut donc innover. Un défi difficile dans ce pays au bord de la faillite, qui négocie cette semaine une aide internationale pour ne pas sombrer.

Une activité au ralenti

L'usine Fapomed, à 40 kilomètres de Porto, fabrique des blouses pour infirmiers depuis vingt-cinq ans. Le textile médical est un secteur très spécialisé, qui demande des produits de haute qualité. La production à bas coût des pays émergents n'y a pas sa place. «Nous vendons partout, en Europe, au Brésil. Nous inventons toujours de nouveaux produits. Pour réussir, il faut évoluer», estime Alexandra Coelho, la directrice qualité, qui fait visiter l'usine. L'entreprise Fapomed fait figure d'exception.

Dans le textile classique, l'activité tourne au ralenti. «Tout ce que l'on peut faire, la Chine le fabrique moins cher», se lamente Orlando Cunha, vice-président de la Fédération portugaise de l'habillement. «Si ça continue, aucune industrie de taille moyenne ne va survivre en Europe.» Un nouveau plan d'austérité devrait voir le jour d'ici à un mois et demi. «C'est le plus gros problème pour l'industrie du pays. Avec la crise financière, les Portugais vont consommer de moins en moins, estime Sonia Pereira, correspondante à Porto du quotidien Economico. Les entreprises lusitaniennes essaient d'échapper au marché national. Leurs exportations ont bondi ces trois derniers mois.» Mais la partie s'annonce difficile. «C'est compliqué de combiner innovation, prix bas et qualité», conclut Sonia Pereira.