Pâques: La chasse aux oeufs va-t-elle coûter plus cher cette année?

ÉCONOMIE e prix du cacao a grimpé de 135% en cinq ans...

Thibaut Schepman

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Oeuf de Pâques
Oeuf de Pâques — SIPA

Derrière chaque œuf, lapin ou autre poule en chocolat, il y a du cacao. Mais depuis quelques années, le coût de cette matière première flambe. Entre avril 2006 et avril 2011, les cours de la «fève brune» ont  grimpé de 135%. Après avoir atteint un plus haut depuis trente-deux ans le mois dernier à 3.770 dollars la tonne, son cours a légèrement chuté mais reste élevé, à 3.120 dollars la tonne.

Pas de flambée à Pâques

Cette flambée ne se traduit pour l’instant pas sur les étiquettes: selon l'Insee, les prix des produits chocolatés en France n’ont augmenté que de 7% ces quatre dernières années. «Les prix sont négociés et figés début janvier pour toute l'année, quelle que soit la variation», assure Geoffroy d'Anglejan-Chatillon. Et il s’engage à ne pas annoncer de flambée des prix pour la Pâques 2011, rappelant que «la hausse des prix a été de 2,5% à Pâques 2010 par rapport à 2009, ce n'est pas beaucoup par rapport aux variations du marché».

Pour les chocolatiers, il s’agit en effet de répercuter la hausse sans décourager les consommateurs d’acheter le traditionnel chocolat pascal. «En France, Pâques c'est 10% du chiffre d'affaires, donc il ne faut pas le rater», avance pour sa part Geoffroy D'Anglejan-Chatillon, directeur général de La Maison du chocolat.  En France, 13.000 tonnes de chocolats sont vendues à cette période, soit 3,5% du total sur l'année.

Futur produit de luxe?

Mais la hausse des prix pourrait s’aggraver dans les années à venir. «Le cours suit une tendance haussière liée à l'offre et à la demande: la consommation mondiale augmente avec une production stable», explique Florence Pradier, secrétaire générale du Syndicat du chocolat.

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«Le cacao est une denrée très spéculative, soumise aux variations, comme les cours de bourse, analyse Geoffroy d'Anglejan-Chatillon. On a de la demande et une forte consommation, donc les prix vont probablement être à la hausse dans les temps à venir. Aux chocolatiers de voir comment ils ajustent leurs tarifs.» Une mauvaise nouvelle pour les Français, qui avec près de 7 kg de chocolat consommés par an en moyenne, sont les cinquièmes plus gros mangeurs de chocolat du monde, derrière l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et les Etats-Unis.