Pourquoi la Grèce pourrait faire faillite

CRISE DE LA ZONE EURO Les marchés craignent que le pays fasse défaut sur sa dette...

Elsa Meyer

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Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou présente le plan de rigueur imposé par l'Union Européenne et le FMI à Athènes, Grèce, le 2 mai 2010.
Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou présente le plan de rigueur imposé par l'Union Européenne et le FMI à Athènes, Grèce, le 2 mai 2010. — REUTERS

Un Etat de la zone euro va-t-il faire faillite? L’hypothèse semblait improbable il y a encore quelques années.

Mais les investisseurs craignent de plus en plus que la Grèce soit incapable de rembourser ce qu’elle doit et négocie une restructuration de sa dette.

150% du PIB

Car le pays ne parvient pas à sortir de la crise malgré le plan de sauvetage activé il y a un an par l’UE et le FMI.

L’Etat empile les mesures d’austérité mais la croissance reste dans le rouge et la dette publique devrait atteindre les 150% du PIB cette année, soit environ 340 milliards d’euros.

Cerce vicieux

Les institutions européennes, le FMI et le gouvernement assurent que la Grèce sera en mesure d’honorer ses dettes. Les marchés semblent cependant de moins en moins convaincus.

Le pays est ainsi prisonnier d’un cercle vicieux. Inquiets sur sa solidité financière, les investisseurs font exploser les taux d’intérêts auxquels la Grèce peut emprunter de l’argent. Mais cette hausse a pour conséquence directe d’accélérer le risque de défaut.

Pour l’instant sous perfusion de l’UE et du FMI, la Grèce doit à nouveau se financer en empruntant sur les marchés l'année prochaine. Face à la défiance ambiante, elle risque d’avoir du mal à ne pas passer par la case restructuration.

Restructuration de dette

Le pays a déjà renégocié des modalités de l’emprunt du plan de sauvetage, comme les taux d’intérêts et la durée.

Les marchés craignent maintenant que la Grèce soit tout bonnement incapable de rembourser ce qu’elle doit. Ce serait alors à ses créanciers d’assumer une partie de cette dette. 

Une solution que rejettent en bloc le gouvernement grec et les institutions européennes. Car ils craignent des conséquences désastreuses pour l’économie du pays et la zone euro.

«La Banque de Grèce explique avec clarté depuis octobre dernier qu'une telle option n'est ni nécessaire ni souhaitable», a une nouvelle fois martelé lundi son gouverneur George Provopoulos.