Les Japonais favorables à un impôt spécial après le séisme et le tsunami

CATASTROPHE 70% l'approuvent selon un sondage publié lundi...

E.M. avec Reuters

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La ville d'Otsuchi, Au Japon, après le passage du tsunami, le 13 mars 2011.
La ville d'Otsuchi, Au Japon, après le passage du tsunami, le 13 mars 2011. — AP/SIPA

Près de sept Japonais sur dix réclament la démission du Premier ministre, Naoto Kan et jugent inacceptables la réponse du gouvernement à l'accident nucléaire dans la centrale de Fukushima.

Et ils sont tout autant à approuver la création d'un impôt spécial pour financer la reconstruction des zones dévastées par le séisme et le tsunami, selon un sondage diffusé lundi par le quotidien Nikkei.

>> Comment le Japon va financer la reconstruction, lire l’article de 20minutes.fr

Reconstruction

Tepco, l'opérateur de la centrale, a estimé dimanche qu'il faudrait près de trois mois avant d'assister à une baisse sensible de la radioactivité autour du site et entre six et neuf mois pour mettre à l'arrêt les réacteurs.

Mais la reconstruction complète pourrait prendre encore plus de temps alors que les travaux n'ont pas encore débuté pour remettre en état les bâtiments et les infrastructures. Les coûts des seuls dégâts matériels sont estimés à quelque 300 milliards de dollars.

Le secrétaire général du Parti démocrate (PDJ, au pouvoir), Katsuya Okada, a estimé dimanche qu'une hausse des impôts serait nécessaire pour couvrir le financement de la reconstruction.

Le gouvernement prépare un collectif budgétaire de l'ordre de 50 milliards de dollars. «En même temps que nous revoyons toutes nos dépenses et tous nos revenus, chacun devra partager ce fardeau», a prévenu le ministre adjoint des Finances, Fumihiko Igarashi.

Gouvernement mis en cause

Sur le plan politique, une large majorité des sondés pour le compte du quotidien Nikkei juge que Naoto Kan devrait quitter son poste de Premier ministre.

Au Parlement, le chef du gouvernement japonais, et son aptitude à diriger le pays en pleine crise, ont de nouveau fait l'objet de critiques lundi.

«Le Premier ministre Kan travaille beaucoup, et il doit faire l'expérience de difficultés. Mais de nombreuses personnes se posent des questions sur sa capacité à diriger. Lui pense peut-être en avoir l'aptitude, mais malheureusement, ils sont 70 à 80% à déclaré qu'il en est dépourvu», a attaqué Masashi Waki, député du Parti démocratique libéral (LDP), la principale formation de l'opposition.                                  

Union nationale

D'après le sondage Nikkei, l'opinion soutiendrait majoritairement (60%) l'idée, avancée par Naoto Kan, d'un gouvernement d'union entre le PDJ et le LDP, qui a rejeté l'offre. Ils sont 27% d'un avis contraire.

Les politologues jugent improbable que Kan, qui a pris la tête du gouvernement en juin dernier, devenant le cinquième Premier ministre du Japon depuis 2006, s'efface rapidement et estiment qu'il pourrait obtenir l'apport nécessaire de voix de l'opposition au Sénat, la chambre haute.L'opinion ne comprendrait pas en effet que l'opposition bloque à des fins politiciennes l'adoption de budgets spéciaux nécessaires à la reconstruction.