Henri Guaino pour la prime «exceptionnelle» de 1.000 euros aux salariés

© 2011 AFP
— 

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a défendu dimanche l'idée d'une prime de 1.000 euros aux salariés évoquée par François Baroin, et renvoyé patronat et syndicats dos à dos en jugeant «déraisonnable la position de dire +on ne partage rien+».

Interrogé  sur Canal+, il a jugé que cette idée relevait du «vieux projet  gaullien» de l'intéressement et de la participation des salariés,  ajoutant: «il est normal de partager la richesse, les fruits du travail  de chacun, donc on partage les bénéfices entre les salariés et les  actionnaires».

«C'est un principe qui me paraît sain et  raisonnable (...) ça mérite d'être amplifié», a ajouté Henri Guaino. «Ce  qui est absolument déraisonnable, c'est la position inverse qui  consiste à dire +on ne partage rien+. C'est une position intenable ! Je  le dis aussi bien aux syndicats qu'au patronat, qui hurlent à la mort  sans d'ailleurs savoir ce que sera le projet, je ne le sais pas non  plus, il est en discussion et à l'étude»

Laurence Parisot contre

«Ce projet a été évoqué  par le ministre du Budget, François Baroin, mais (...) sans détails.  Pour l'instant il n'est pas sur la table, attendons qu'il le soit, alors  nous pourrons en discuter, le critiquer et en débattre», a encore dit  le conseiller du chef de l'Etat.

François Baroin a évoqué le 13  avril la création prochaine d'une prime exceptionnelle d'«au moins 1.000  euros» aux salariés, afin de contraindre les entreprises versant des  dividendes à mieux répartir leurs richesses et à ne pas privilégier  uniquement leurs actionnaires.

La patronne du Medef,  Laurence Parisot, s'est dite opposée à la proposition, selon elle «incompréhensible» et «dangereuse pour l'emploi». Elle y a aussi vu une «entrave» à la liberté d'entreprendre.

Côté syndicats, François  Chérèque (CFDT) a accusé le gouvernement «d'alimenter une forme de  populisme», relevant que seulement une petite minorité d'entreprises  redistribuaient des dividendes et que parmi les salariés il y aurait «beaucoup de déçus».