Laurence Parisot pour l'immigration légale mais contre la prime de 1.000 euros

ECONOMIE Le patronat rejette la réduction de l'immigration légale défendue par Claude Guéant et la proposition de François Baroin...

S. C. avec Reuters

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E.PIERMONT / AFP

Le patronat français en désaccord avec le gouvernement. Deux mesures annoncées cette semaine ont été vivement critiquées par la présidente du Medef, Laurence Parisot, dans un entretien publié dans Le Monde paru samedi.

Ne pas faire de l'immigration légale «un problème»

Celle-ci exhorte ainsi le gouvernement à maintenir l'ouverture de la France à l'immigration légale, que le ministre de l'Intérieur Claude Guéant entend réduire de 20.000 entrées par an. Laurence Parisot estime, à l'instar de plusieurs membres du gouvernement, comme la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qu'il ne faut pas faire de l'immigration légale «un problème».

«Restons un pays ouvert, qui accueille de nouvelles cultures et tire profit du métissage», a-t-elle déclaré au Monde en estimant que, si des problèmes d'intégration existent, c'est à l'école qu'il faut les aborder. Pour elle, «les pays qui se sont repliés sur eux-mêmes dans les moments difficiles se sont toujours appauvris».

Contre la prime de 1.000 euros

La "patronne des patrons" ne comprend pas non plus l'idée défendue par le gouvernement d'une prime exceptionnelle de 1.000 euros pour les salariés des entreprises distribuant des dividendes, évoquée mercredi par le ministre du Budget, François Baroin. «Nous sommes un peu stupéfaits», a dit Laurence Parisot, qui estime qu'une telle ingérence de l'Etat dans la politique salariale des entreprises risque de «tuer l'envie d'entreprendre et d'étouffer la liberté créatrice».

«Je ne crois pas avoir jamais reçu autant de SMS de chefs d'entreprise depuis mon élection à la tête du Medef en 2005. Ils sont indignés», explique-t-elle.