Bourse de Paris: le marché a broyé du noir et devrait rester entre deux eaux

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Dominée par des incertitudes sur l'environnement économique et des premières publications trimestrielles mitigées, la Bourse de Paris a broyé du noir cette semaine (-2,15%) dans un marché qui commence à devenir plus sensible aux mauvaises nouvelles.

D'un vendredi à l'autre, l'indice vedette a perdu près de 88 points s'inscrivant sous la barre des 4.000 points à 3.974,48 points.

Depuis le début de l'année la cote parisienne reste quand même en hausse de 4,46%.

Ce que les opérateurs craignaient, suite aux événements dans le monde arabe et à la catastrophe au Japon, est en train de se produire: le marché commence à accuser le coup.

Jusqu'à présent soutenus par un afflux de liquidités, les investisseurs avaient choisi d'ignorer les facteurs d'incertitude. Maintenant, les interrogations se sont transformées en mauvaises nouvelles avec une déception concernant les premiers chiffres d'affaires trimestriels et avec des données macroéconomiques moins satisfaisantes, dont l'accélération de l'inflation dans le monde.

Les inquiétudes sur la zone euro et les craintes d'une restructuration de la dette grecque ont aussi refait surface, accentuant l'anxiété des opérateurs.

La grande question dans les salles de marché est de savoir si le fléchissement s'inscrit dans un schéma de simple correction ou s'il est le prélude à une réelle baisse.

Pour l'instant, les opérateurs choisissent de relativiser. Ils estiment que le marché reste "solide", compte tenu de toutes les turbulences qu'il traverse tout en soulignant que "les pressions s'accentuent".

"C'est loin d'être dramatique, il s'agit pour le moment d'un mouvement de correction car la Bourse reste toujours résistante", a précisé M. Christian Parisot, chef économiste chez le cabinet d'analyse Aurel.

Citant la hausse des prix des matières premières, les craintes d'une contraction des marges des entreprises, la persistance des problèmes immobiliers aux Etats-Unis, la baisse des encours de crédit outre-atlantique, le regain des inquiétudes sur la zone euro et la hausse des prix, il continue à saluer la bonne tenue du marché actions.

Pour Alain Crozat, président de la société de gestion Montsegur Finances, le printemps est toujours une période délicate et cette année ne fait pas exception. "On est à cheval entre les résultats de l'année précédente et les chiffres d'affaires du premier trimestre. C'est toujours un moment de creux", souligne-t-il, ne voyant rien de grave, pour le moment, dans le repli du marché.

Marc Touati, économiste chez Assya, est en revanche plus pessimiste. Il note dans sa publication hebdomadaire que la France se rapproche d'un phénomène de stagflation (inflation forte et stagnation économique).

M. Crozat souligne que la semaine prochaine sera déterminante avec la multiplication des chiffres d'affaires du premier trimestre. "Le marché attend une croissance des ventes des entreprises entre 5 et 8%, mais l'attention des analystes se portera avant tout sur les discours des dirigeants et leurs commentaires sur les résultats financiers, compte tenu de la hausse des matières premières", a-t-il ajouté.

A cet égard les investisseurs auront fort à faire car la saison des publications va battre son plein avec notamment, venant des Etats-Unis, le secteur bancaire et celui des semi-conducteurs.

Les chiffres de STMicroelectronics, IBM, AMD seront particulièrement surveillés car ils donneront une indication de l'impact de la catastrophe du Japon sur les entreprises du secteur.

D'un point de vue macroéconomique, la semaine sera calme, les marchés étant fériés vendredi saint. Deux publications dans l'immobilier sont attendues outre-Atlantique (mises en chantier pour mars et ventes de maisons existantes) ainsi que l'indicateur composite de l'activité économique en mars et l'activité dans la région de Philadelphie pour avril.

Dans la zone euro, la semaine sera marquée par des indicateurs avancés (PMI, indice IFO en Allemagne et enquête Insee en France). Ces enquêtes vont retenir l'attention car elles seront les premières à intégrer l'impact de la catastrophe au Japon et la hausse des produits de base.

  1. Euronext (CAC 40)