L'OFCE table sur une croissance française faible en 2011 et 2012

ÉCONOMIE es économistes de Sciences-Po pensent que l’autorité budgétaire est synonyme de plus de chômage...

Guillaume Boulord

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La Bourse de Paris a chuté mardi, le CAC 40 ayant cédé 2,47%, plombée par la forte baisse du secteur bancaire, alors que les investisseurs continuent à craindre une contagion de la crise de la dette souveraine de l'Irlande à d'autres pays de la zone euro.
La Bourse de Paris a chuté mardi, le CAC 40 ayant cédé 2,47%, plombée par la forte baisse du secteur bancaire, alors que les investisseurs continuent à craindre une contagion de la crise de la dette souveraine de l'Irlande à d'autres pays de la zone euro. — Didier Pallages afp.com

Une croissance faible, le chômage qui continue d’augmenter... L'OFCE, le centre de recherche en économie de Sciences-Po publiait jeudi ses prévisions pour la croissance française en 2011 et 2012: les résultats sont moroses. Les économistes à l’origine de cette étude, traditionnellement favorable à une intervention importante de l'Etat dans l'économie, estiment que les mesures d’austérité seront un frein à la croissance.

Une croissance inférieure à 2%

Alors que Bercy prévoit une croissance de l’économie française de 2% pour 2011, et de 2,25% en 2012, l’OFCE est beaucoup moins optimiste. Selon les économistes de Sciences-Po, cette croissance ne sera que de 1,4% cette année, et de 1,7% l’an prochain. Choisir de «baisser les dépenses plutôt que d’augmenter les impôts n’est pas un choix judicieux avec la conjoncture actuelle. Les répercussions sur la croissance sont plus importantes», explique Eric Heyer, l’un de ces économistes.

L'OFCE ne pointe pas seulement du doigt la politique d’austérité que mène la France, mais le contexte dans lequel elle s’inscrit. «Avec un conjoncture basse, les effets escomptés par la baisse des déficits sont réduits», commente Eric Heyer.

Augmenter la dépense publique

La France ne fait pas non plus cavalier seul. Les pays de la zone euro, le Royaume-Uni, globalement les principaux partenaires économiques du pays, mènent une politique similaire. Pour le centre de recherche, l'austérité budgétaire est efficace quand les autres pays ne freinent pas la dépense publique. Eric Heyer cite à ce propos la Suède et le Danemark, dont la rigueur économique dans les années 1990 a été fructueuse, parce que tous leurs voisins européens faisaient l’inverse.

Pour le centre de recherche, si le gouvernement français avait mené une politique de neutralité, autrement dit, si la dépense publique avait augmenté au même rythme que la croissance française, aux alentours de 2% par an, la croissance serait beaucoup plus forte. «Dans ce cas de figure, d’après nos simulations, une politique budgétaire neutre aurait permis une reprise plus vigoureuse de la croissance dans l’hexagone (3,2% en 2011 et 2,7% en 2012)».

Hausse du chômage

L'OFCE prévoit que «le taux de chômage devrait se dégrader légèrement» et atteindre 9,5% en 2012. Pour les économistes, une politique de neutralité aurait permis «au taux de chômage d’entamer une décrue significative, pour finalement s’établir à 7,9% en 2012, niveau proche de celui qui prévalait avant la crise».