Glencore, le géant sulfureux des matières premières, tente l'une des plus grandes entrées en Bourse d'Europe

ÉCONOMIE lle pourrait dépasser les 12,1 milliards de dollars...

Thibaut Schepman

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Le siège de Glencore, à Baar en Suisse, le 24 aout 2006.
  Le siège de Glencore, à Baar en Suisse, le 24 aout 2006. — MARTIN RUETSCHI/AP/SIPA

Un géant qui sort de l’ombre. Glencore, leader mondial du négoce de matières premières, a lancé jeudi soir le processus de son introduction en Bourse (IPO), une opération attendue de longue date et qui pourrait dépasser la somme record 12,1 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros).

Cette entrée en Bourse, la plus importante jamais réalisée à Londres, est un véritable tournant pour le groupe après quarante ans d’histoire aussi discrète que sulfureuse. Basée dans la petite ville de Baar, en Suisse, l’entreprise a été créée en 1974 par Marc Rich, un génie des affaires aux méthodes très contestées.

Recherché par le FBI

Celui-ci a toujours très peu dévoilé ses activités, et a notamment été poursuivi par la justice américaine pour évasion fiscale, pour avoir bravé les embargos pour commercer avec Cuba et l’Afrique du Sud, ou encore pour avoir vendu du pétrole à l’Iran de l’ayatollah Khomeini. Recherché par le FBI, éxilé, Marc Rich est finalement gracié dans des conditions rocambolesques par Bill Clinton, au tout dernier jour de son mandat de président des Etats-Unis

En France, Glencore crée le scandale en 2003 en rachetant puis en liquidant l’entreprise Metaleurop. En Afrique, sa gestion des mines de République du Congo et de Zambie a été dénoncée par plusieurs ONG, dont les Amis de la Terre, pour atteinte au Droits de l’homme et à l’environnement. Ce qui lui a valu en 2008 le titre de pire entreprise de l’année, le Public Eye Award.  

«Puissance de feu»

Aujourd’hui, l’entreprise est le leader mondial du négoce de matières premières. En 2010, elle s’est ainsi attribuée 60% des parts de marché libres du zinc, 50% de celles du cuivre, 45% pour le plomb ou encore 9% de celui des céréales et 3% pour le pétrole, bien le plus échangé au monde. Elle détient également un tiers du minier suisse Xstrata, et continue de développer ses activités d’extractions minières, qui lui ont permis de multiplier son chiffre d’affaires par sept sur les sept dernières années.

Un leadership énorme, que l’entreprise compte encore affirmer avec son entrée en bourseDans une interview au Financial Times publiée lundi, son directeur général Ivan Glasenberg a tout simplement annoncé que l’entrée en Bourse allait «doper sa puissance de feu», et qu’il pourra ensuite «acheter des actifs (…) dans des domaines et à des échelles qu’[il] ne pouvait pas atteindre auparavant».