La Grèce résoudra ses problèmes en restructurant le pays, pas la dette

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La Grèce résoudra "en profondeur" ses problèmes, "non pas en restructurant la dette, mais en restructurant le pays", a déclaré vendredi le Premier ministre grec Georges Papandreou en présentant devant le gouvernement une "feuille de route de sortie de crise".

Ces "changements radicaux" seront présentés en détail, avec un calendrier, "après Pâques", a déclaré le Premier ministre lors d'un Conseil des ministres exceptionnellement retransmis en direct à la télévision. La "feuille de route" fera ensuite l'objet d'un vote au parlement.

"La Grèce résoudra en profondeur ses problèmes non pas en restructurant la dette, mais en restructurant le pays", a estimé le Premier ministre.

"La Grèce gère sa grosse dette grâce au mécanisme d'aide" que lui ont consenti l'UE et le FMI, a souligné M. Papandreou, écartant de fait à nouveau la perspective d'une restructuration de la dette publique du pays, agitée par les marchés et certains pays partenaires.

Il a relevé que la décision du sommet européen d'accorder à la Grèce un délai plus long et des taux plus bas pour rembourser le prêt UE-FMI de 110 milliards d'euros facilitait la tâche pour faire face à sa dette, qui doit atteindre 152,4% du PIB en 2011.

Il a précisé que la "feuille de route" était fondée sur un programme budgétaire à moyen terme, "le premier jamais adopté par le pays", prévoyant, selon le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou, des économies de 23 milliards d'euros d'ici 2015.

L'objectif est en 2015 de "réduire les dépenses de l'Etat à environ 44% du PIB, dans la moyenne de la zone euro, contre 53% du PIB en 2009, et "d'augmenter les rentrées à environ 43% du PIB, contre 38% en 2009", a précisé M. Papandreou.

Cela ramènerait les dépenses publiques au niveau qu'elles avaient en 2003, et les recettes au niveau de 2000, a-t-il relevé.

Il a jugé que cet effort avait "le soutien des citoyens", car "c'est la seule voie" qui s'ouvre au pays. L'autre voie, qui passerait par une restructuration de la dette publique, signifiant un décrochage de la Grèce, "est celle de l'isolation, de la faillite et de l'appauvrissement", a-t-il dit.

"Je suis totalement déterminé à avancer, et totalement convaincu que nous réussirons", a-t-il insisté.

Sans faire d'annonces précises sur le plan de privatisation d'un montant total de 50 milliards d'ici 2015, censé compléter le tour de vis budgétaire pour relancer l'économie, il a seulement souligné que l'Etat "gardera le contrôle stratégique des secteurs clés".

Au nom de la nécessaire lutte contre le gaspillage des fonds publics, il a également plaidé pour une "mobilité" des employés entre secteurs privé et public, et évoqué la création d'un organisme social unique pour gérer l'ensemble des prestations sociales.

Selon lui, ceci doit permettre de construire un système "garantissant un niveau de vie minimum".

Le Premier ministre a aussi écarté, en soulignant sa détermination à mener à bien ce programme jusqu'à l'issue de son mandat, en 2013, l'éventualité d'élections anticipées, en réponse aux spéculations médiatiques en ce sens.