Nourriture et emplois: Questions d'urgence pour le FMI et la Banque mondiale

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Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale sont allés au plus simple ce jeudi en demandant au G20, qui se retrouvait à Washington, de se concentrer sur deux questions d'urgence: nourrir le monde et créer des emplois.

En ouvrant les réunions semestrielles de leurs deux institutions, le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn et le président de la Banque mondiale Robert Zoellick se sont réparti les rôles: le premier a insisté sur la lutte contre le chômage, le second sur la hausse des prix de l'alimentation.

Pour «croissance juste»

«Nous devons agir [...]. Ne comptez pas sur l'idée que la croissance sera suffisante. Nous avons besoin de plus que de la croissance, nous avons besoin de politiques actives», a déclaré Dominique Strauss-Kahn lors de sa conférence de presse.

«Le risque si nous ne faisons pas cela est d'avoir de la croissance, mais pas une croissance qui profite à tous, pas une croissance juste», a-t-il ajouté.

«Je ne suis pas sûr d'être d'accord [...] avec l'idée que nous sommes dans une période d'après-crise. Nous sommes toujours en crise. Et les retombées de cette crise sont toujours très fortes», a souligné le directeur du FMI.

Lutte contre le chômage et les inégalités

Après les révoltes qui ont éclaté dans les pays arabes depuis janvier, le FMI a beaucoup insisté sur la lutte contre le chômage et les inégalités, qui était une question qu'il traitait rarement. Il compte intégrer les indicateurs pour mesurer son efficacité à ses évaluations des économies des Etats membres.

La Banque mondiale s'est fixé de son côté comme priorité de répondre à la hausse des prix de l'alimentation, proches aujourd'hui de leurs records de 2008.

«Nous sommes dans la zone dangereuse, parce que les prix ont déjà augmenté, et que les stocks pour beaucoup de matières premières sont relativement bas», a expliqué son président Robert Zoellick.

Collaboration étroite avec le G20

Il a salué l'ambition de la présidence française du groupe des pays riches et émergents du G20 de combattre la spéculation sur les matières premières, alimentaires ou énergétiques.

«Le monde peut faire quelque chose contre cela», a affirmé Robert Zoellick. «Nous collaborons étroitement avec le G20, et je pense que nous pouvons faire certains progrès importants dans deux domaines essentiels: la volatilité des prix de l'alimentation, et la sécurité alimentaire».

Selon son institution, 935 millions de personnes souffrent de malnutrition chronique.

Vers une déclaration commune

Les ministres des Finances et banquiers centraux du G20 doivent se retrouver lors d'un dîner ce jeudi soir à Washington. Leur réunion formelle, qui doit donner lieu à une déclaration commune, est programmée vendredi au siège du FMI.

La France a imposé cette année un ordre du jour ambitieux au G20, en vue d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement prévu en novembre à Cannes, avec comme objectif sous-jacent la réduction des déséquilibres économiques et financiers de la planète. Plusieurs événements l'ont encore alourdi depuis le début de l'année.

Les soulèvements populaires dans le monde arabe ont mis certaines économies de la région en difficulté. Le Japon a connu le séisme le plus violent jamais enregistré dans son histoire le 11 mars. La Côte d'Ivoire, puissance régionale en Afrique de l'Ouest, s'est enfoncée dans une crise politique avec le refus pendant quatre mois du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale. Et la crise de la dette publique en zone euro ne s'est que peu apaisée, le Portugal s'étant résolu à faire appel à l'aide internationale en avril.