La «grève du Nutella», symbole de négociations salariales qui achoppent en France

ÉCONOMIE lusieurs mouvements de grève sont lancés en France où les entreprises rechignent à augmenter les salaires, malgré l'inflation et les résultats en hausse...

Thibaut Schepman
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Un pot de pâte à tartiner Nutella et des tartines.
Un pot de pâte à tartiner Nutella et des tartines. — LOVE JANINE / CC / FLICKR

Depuis mardi, l’usine française de Ferrero à Villers-Ecalle (Seine-Maritime) est à l’arrêt. Plus aucun produit chocolaté ne sort de l’établissement, qui produit normalement 800.000 pots de Nutella et 1,2 million de barres Kinder Bueno.

Pour l’instant, «il n’y a pas de risque de rupture de stocks», assure Christophe Bordin, responsable des relations extérieures de Ferrero France. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution souligne qu’aucune crainte de pénurie n’émerge dans les centrales d’achat de la grande distribution. Ce sont des produits faciles à stocker, contrairement aux produits frais, et les distributeurs ne fonctionnent pas en flux tendus.

Première grève depuis trente-sept ans

Néanmoins, bloquer les lignes de production n’est pas anodin. D’autant plus qu’il s’agit là de la première grève depuis trente-sept ans chez Ferrero, de mémoire de syndicaliste. «Au départ, nous n’avions pas prévu un mouvement dans la durée. Mais la plupart des salariés nous ont soutenus, parce qu’ils ont vraiment besoin d’une augmentation, alors on poursuit le mouvement», concède Fabien Lacabanne, délégué syndical de Forces Ouvrières.

Les salariés demandent principalement une augmentation de 90 euros par mois et par personne, ce que l’entreprise a, pour l’instant, refusé. Après avoir proposé une augmentation d’1,2%, elle a avancé une hausse de 2% pour ceux qui gagnent plus de 22.500 euros par an, et une hausse de 50 euros brut pour ceux qui gagnent moins. Mais les syndicats tiennent à voir les salaires augmenter plus que les prix à la consommation, qui croissent de 2% en France à cause notamment de la flambée du prix du pétrole. Ils poursuivent donc ce mouvement, radical, de blocage de la production, pour obtenir gain de cause.

Un peu partout en France, de mêmes conflits touchent les usines françaises pour tenter d’obtenir des augmentations de salaires. Le chantier du grand stade de Lille a été arrêté car les salariés de la société de construction Eiffage souhaitent une augmentation de 85 euros net, contre 25 euros proposés par la direction. A Carrefour des revendications très proches de celles des salariés de Ferrero ont mené au premier mouvement de grève d’ampleur nationale de l’histoire entreprise. Enfin, les salariés de l’Usine Toyota d’Onnaing sont en grève depuis douze jours pour demander une prime de 800 euros et un treizième mois.